Un dernier grand rassemblement pour permettre à Charest de fouetter l'ardeur de ses troupes

Québec - Le Conseil général élargi du Parti libéral du Québec (PLQ), qui se tient ce week-end à Montréal, sera un des derniers grands rassemblements de militants à avoir lieu avant l'élection générale.

Pour le chef, Jean Charest, ce sera une occasion en or de fouetter l'ardeur des troupes, qui cherchent à garder le moral, même si l'Action démocratique de Mario Dumont accapare chaque jour davantage une place de choix sur la scène politique.

Les membres du parti — plus d'un millier, provenant des 125 circonscriptions — seront alors invités à appuyer le plan d'action intitulé Un gouvernement au service des Québécois, rendu public il y a quelques semaines par M. Charest.

Il ne fait pas de doute que les militants vont donner leur adhésion aux grandes orientations inscrites dans le document, même si certains ont déjà fait parvenir au moins une centaine de propositions d'amendements aux engagements qui y figurent.

Dans ce document, le parti dit clairement de quoi aurait l'air un gouvernement libéral, engagements financiers à l'appui. Le chef libéral fait le pari que cela sera suffisant pour retrouver les beaux jours où le parti avait la faveur populaire.

Car depuis le printemps dernier, les sondages ne cessent de confirmer les uns après les autres la baisse de popularité du PLQ, conjuguée à une montée fulgurante de l'ADQ. Selon le directeur général du parti, Joël Gauthier, pourtant, les militants ont extrêmement hâte que la campagne électorale s'enclenche. Et il assure qu'ils sont «immunisés» et «inoculés» contre les sondages.

On dit souvent en politique que le seul vrai sondage survient le jour de l'élection. Le 17 juin dernier a été une dure journée pour le PLQ, alors qu'il subissait une humiliante défaite dans quatre circonscriptions (Berthier, Lac-Saint-Jean, Vimont et Joliette). Pire, il arrivait troisième dans trois des quatre circonscriptions. Toutefois, M. Gauthier assure que les élections partielles «n'ont pas eu d'effet démobilisateur sur les membres».

Depuis la publication de son plan d'action, M. Charest effectue une opération de charme auprès des médias, en multipliant les entrevues de fond avec les équipes éditoriales en vue de faire tourner le vent et espérer ramener au bercail les électeurs tentés par l'ADQ.

Le parti compterait actuellement quelque 121 000 membres en règle. En 1984, l'année précédant le retour du parti au pouvoir après deux mandats dans l'opposition — soit une situation analogue à la situation présente —, le parti comptait 180 000 membres.

L'organisateur en chef du parti, Pierre Bibeau, fait remarquer que la prochaine élection sera bien différente des précédentes, du fait qu'il s'agira d'une vraie lutte à trois et que la question constitutionnelle risque cette fois de passer sous le tapis. «Il faut s'ajuster. Ce n'est pas évident», dit-il, convaincu que «les choses vont se replacer». «Les choses changent vite en politique», ajoute-t-il, mentionnant que l'élection générale n'aura lieu que dans plusieurs mois, vraisemblablement en juin 2003.

Selon lui, la prochaine élection «se gagnera ou se perdra dans les régions», et il estime que, par rapport à l'ADQ, le Parti libéral est avantagé du fait qu'il a «depuis longtemps des racines» dans toutes les régions du Québec.