Trêve entre Israël et Gaza après des échanges de tirs fatals à un Palestinien

De mardi à mercredi matin, quelque 100 roquettes ont été tirées par des groupes armés de Gaza, selon le Djihad islamique et l’armée israélienne.
Anas Baba Agence France-Presse De mardi à mercredi matin, quelque 100 roquettes ont été tirées par des groupes armés de Gaza, selon le Djihad islamique et l’armée israélienne.

Une trêve est entrée en vigueur mercredi après 24 heures d’échanges de tirs entre des groupes armés de Gaza et Israël qui ont coûté la vie à un Palestinien, une flambée de violence consécutive à la mort d’un détenu palestinien en grève de la faim.

Khader Adnane, un responsable du Djihad islamique qui observait une grève de la faim depuis près de trois mois dans une prison israélienne, est décédé mardi, entraînant cette montée des tensions.

 

Mais, alors qu’une escalade était à craindre, le mouvement palestinien a annoncé une trêve mercredi avant l’aube — Israël n’a pas réagi.

« Nous sommes parvenus à établir une accalmie et les deux parties y ont répondu », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) une source de sécurité égyptienne, sous couvert d’anonymat.

Le Qatar et l’ONU, autres médiateurs traditionnels — avec l’Égypte — entre Palestiniens et Israéliens, sont aussi intervenus pour obtenir un retour au calme à partir de 4 h (21 h, heure de l’Est), ont déclaré des sources du DJihad islamique et du Hamas à l’AFP.

Des sirènes d’alerte à la roquette ont retenti dans des localités israéliennes près de Gaza aux environs de 5 h 30 (22 h 30, heure de l’Est), a rapporté l’armée. D’après des témoins à Gaza, plusieurs roquettes ont été tirées vers le sol israélien.

Mais le calme s’est finalement imposé.

« Ce cycle de confrontation est terminé, mais la marche de la résistance continue », a déclaré Tariq Salmi, porte-parole du Djihad islamique, dans un communiqué.

En matinée, boutiques, écoles et administrations ont rouvert à Gaza. La vie a également repris son cours dans les localités israéliennes adjacentes.

Dépouille

 

La mort d’Adnane a été annoncée mardi matin, mais sa dépouille n’a toujours pas été remise à ses proches. Originaire de Cisjordanie occupée, ce quadragénaire avait entamé une grève de la faim dès son incarcération le 5 février. Il est devenu le premier détenu palestinien à en mourir, d’après le Club des prisonniers palestiniens.

Le président de cette association, Qaddoura Fares, a déclaré à l’AFP que l’Autorité palestinienne avait « demandé hier [mardi] à Israël de récupérer le corps de Khader Adnane, sans obtenir de réponse ».

« Nous soulignons, comme nous l’avons dit à tous les médiateurs qui sont intervenus, la nécessité de remettre le corps du martyr Khader Adnane à sa famille », a déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Adnane avait été inculpé pour son implication au sein du Djihad islamique et pour des discours en soutien à une « organisation hostile », a déclaré à l’AFP un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat.

Emprisonné à de nombreuses reprises par Israël, il avait fait plusieurs grèves de la faim et était devenu un symbole pour les Palestiniens.

La cour d’appel militaire avait rejeté sa demande de libération, d’après le responsable israélien.

Sa mort « est un testament tragique de la politique et des pratiques cruelles et inhumaines de détention d’Israël », ont réagi mercredi dans un communiqué des experts indépendants de l’ONU, désignés par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies mais s’exprimant en leur propre nom.

Tirs et frappe

 

De mardi à mercredi matin, quelque 100 roquettes ont été tirées par des groupes armés de Gaza, selon le Djihad islamique et l’armée israélienne.

La plupart des projectiles sont tombés dans des terrains vagues ou ont été interceptés par le système de défense anti-aérien, d’après l’armée israélienne.

Deux sont tombés dans la ville israélienne de Sdérot et trois personnes ont été blessées par des éclats d’obus, selon des secouristes.

Dans la nuit, l’armée israélienne a mené plusieurs frappes de représailles sur Gaza, territoire sous blocus israélien depuis la prise de contrôle du Hamas islamiste en 2007. Elle a notamment dit avoir visé un camp d’entraînement, un entrepôt d’armes et un tunnel souterrain du Hamas.

Un homme de 58 ans est mort au nord de la ville de Gaza et cinq autres ont été blessés, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien.

« Nous dormions lorsque nous avons entendu une frappe. Un bloc de béton est tombé sur la poitrine de mon père », a déclaré Amir Moubarak, fils de Hachel Moubarak, dont les funérailles ont eu lieu mercredi à Gaza.

En août 2022, trois jours d’affrontements entre Israël et le Djihad islamique avaient causé la mort de 49 Palestiniens, dont 12 membres du Djihad islamique selon le mouvement, et au moins 19 enfants d’après l’ONU. Environ 200 roquettes avaient été tirées par le Djihad islamique de Gaza vers Israël, faisant trois blessés.

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