Israël fustige l’enquête américaine sur la mort de la journaliste Shireen Abu Akleh

Un homme passe devant une fresque représentant la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, dans une rue de la ville arabe d’Umm Al-Fahm, dans le nord d’Israël
Ahmad Gharabli Agence France-Presse Un homme passe devant une fresque représentant la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, dans une rue de la ville arabe d’Umm Al-Fahm, dans le nord d’Israël

Le ministre de la Défense israélien Benny Gantz a qualifié lundi d’« erreur » l’enquête menée aux États-Unis sur la mort en mai de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, que l’armée israélienne est accusée d’avoir tuée.

Selon le média américain Politico, le Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) enquête sur la mort de Shireen Abu Akleh lors d’une opération de l’armée israélienne le 11 mai.

Une décision inhabituelle au vu des relations entre les deux pays, prise après que l’armée israélienne a refusé d’engager des poursuites contre le soldat accusé de l’avoir tuée.

Le FBI a refusé de confirmer ou démentir l’existence de cette enquête, mais le ministre Benny Gantz a indiqué que l’armée n’y coopérerait pas.

« La décision prise par le département de la Justice américain de mener une enquête sur la mort tragique de Shireen Abu Akleh est une erreur », a-t-il écrit dans un tweet.

Les forces armées israéliennes ont mené une enquête « indépendante et avec professionnalisme », et en ont partagé les détails avec des responsables américains, a-t-il affirmé.

« J’ai fait passer le message aux représentants américains que nous nous tenions aux côtés des soldats de l’armée israélienne et que nous ne coopérerons pas avec une enquête externe, et ne permettrons pas d’ingérence dans des enquêtes internes », a ajouté le ministre.

Équipée d’un gilet pare-balles avec la mention « presse » et d’un casque, la journaliste vedette d’Al Jazeera avait été tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

L’armée israélienne a reconnu pour la première fois en septembre qu’il y avait « une forte possibilité » que la journaliste ait été tuée par l’un de ses soldats.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, avait souligné à l’époque « l’importance de déterminer les responsabilités dans ce cas », pour éviter qu’un tel drame se répète.

Mais, quelques jours plus tard, le premier ministre israélien d’alors, Yaïr Lapid, s’était dit opposé à ce que le soldat accusé d’avoir tiré soit poursuivi en justice.

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