Nétanyahou et ses alliés remportent la majorité des sièges en Israël

Benjamin Nétanyahou et ses alliés de droite ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des législatives du 1er novembre.
Ronaldo Schemidt Agence France-Presse Benjamin Nétanyahou et ses alliés de droite ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des législatives du 1er novembre.

Le suspense est terminé. L’ex-premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a réussi son objectif tant souhaité d’obtenir une majorité avec ses alliés religieux et d’extrême droite pour fouler à nouveau les plus hautes marches du pouvoir.

Malgré son procès pour corruption, M. Nétanyahou et ses alliés des partis ultraorthodoxes et de la liste d’extrême droite « Sionisme religieux » remportent 64 mandats sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien, soit trois de plus que le seuil de la majorité, a annoncé jeudi soir la commission électorale.

Peu avant, le premier ministre sortant, Yaïr Lapid, qui avait chassé du pouvoir M. Nétanyahou l’an dernier en mettant sur pied une coalition hétéroclite qui a depuis implosé, a contacté son rival pour le féliciter de cette victoire. « L’État d’Israël est au-dessus de toute considération politique. Je souhaite à Nétanyahou la réussite, pour le bien du peuple d’Israël et l’État d’Israël », a déclaré M. Lapid.

Selon la commission électorale, le « bloc de droite » de M. Nétanyahou obtient 64 élus — 32 pour son parti, le Likoud ; 18 pour les deux partis orthodoxes ; 14, un record, pour l’extrême droite —, dans ce qui pourrait être le gouvernement le plus à droite de l’histoire du pays, selon des analystes.

La formation Yesh Atid (« Il y a un futur »), du centriste Lapid, a récolté 24 élus, son allié de centre droit Benny Gantz, 12 députés, suivi de 10 élus pour deux autres formations et de 5 pour le parti arabe Raam, qui avait aussi soutenu sa coalition, pour un total de 51 députés. Le parti arabe Hadash-Taal a quant à lui obtenu 5 députés.

Dans le système proportionnel israélien, les partis doivent obtenir 3,25 % des voix pour faire leur entrée au Parlement, un taux minimal leur conférant de facto quatre députés. Or, deux petits partis hostiles au camp Nétanyahou (et dont les élus auraient pu le priver d’une majorité) — la formation de gauche Meretz et le parti arabe Balad — ont moissonné respectivement 3,16 % et 2,90 % d’appuis.

Des négociations ardues à prévoir

Surnommé « Bibi », M. Nétanyahou n’avait pas quitté la vie politique, comme le souhaitaient ses opposants, l’an dernier, mais s’était accroché au poste de chef de l’opposition avec l’objectif de revenir aux affaires pour faire voter une immunité par les députés et annuler son procès pour corruption.

Au cours des prochains jours, le président israélien, Isaac Herzog, dont la fonction est surtout symbolique, devrait officiellement mandater M. Nétanyahou pour former un gouvernement.

Selon la presse, l’ex-premier ministre a d’ores et déjà choisi Yariv Levin, l’un de ses proches, pour entamer des pourparlers qui s’annoncent compliqués, notamment avec la formation « Sionisme religieux ». Le chef de ce parti, Bezalel Smotrich, a indiqué vouloir le ministère de la Défense, et son numéro 2, Itamar Ben Gvir, celui de la Sécurité publique, deux postes clés à l’avant-scène du conflit israélo-palestinien.

« Il est temps de ramener la sécurité dans les rues, de rétablir l’ordre, de montrer qui est le maître. Il est temps de tuer un terroriste qui mène une attaque », a d’ailleurs affirmé le second.

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