Le président iranien veut punir les ennemis du pays

Cette image publiée mercredi sur Twitter montre une femme debout sur le toit d’une voiture, les cheveux dénudés, saluant les manifestants se dirigeant vers la tombe de Mahsa Amini, à Saghez, dans le Kurdistan iranien.
UGC Agence France-Presse Cette image publiée mercredi sur Twitter montre une femme debout sur le toit d’une voiture, les cheveux dénudés, saluant les manifestants se dirigeant vers la tombe de Mahsa Amini, à Saghez, dans le Kurdistan iranien.

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a promis de punir les auteurs d’un attentat meurtrier contre un sanctuaire chiite, dans un pays toujours sous tension où les forces de sécurité ont tué un manifestant jeudi, selon une ONG.

Mercredi, un attentat revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI) a fait 15 morts dans un important sanctuaire musulman chiite de Chiraz, dans le sud de l’Iran.

Le président Raïssi a semblé établir un lien entre cet événement et les émeutes engendrées par la mort de Mahsa Amini, jeune Kurde iranienne de 22 ans décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs, qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

« L’intention de l’ennemi est de perturber les progrès du pays, et ces émeutes ouvrent la voie à des actes terroristes », a déclaré jeudi M. Raïssi lors d’une visite dans la ville de Zanjan (nord-ouest).

M. Raïssi avait déjà accusé mercredi « les ennemis de l’Iran » qui cherchent « à diviser les rangs unis de la nation […] par la violence et la terreur », et promis une réponse sévère des forces de sécurité en réaction à l’attaque de Chiraz.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé jeudi le pays à s’unir pour combattre le « complot » fomenté par les « ennemis de l’Iran ».

Dans ce contexte, les manifestations se sont poursuivies dans la nuit, puis jeudi.

 

Les forces de sécurité ont ouvert le feu jeudi à Mahabad, dans l’ouest de l’Iran, tuant un manifestant kurde au moment où une foule s’apprêtait à envahir des bureaux gouvernementaux, a annoncé le groupe de défense des droits de la personne Hengaw.

Ces incidents ont éclaté après l’enterrement d’un manifestant de 35 ans, Ismaïl Mauludi, tué mercredi soir alors que la foule se dirigeait vers les bureaux du gouverneur, a ajouté Hengaw.

« Nous ne devrions pas pleurer nos jeunes, nous devrions les venger », criaient les manifestants, selon l’ONG basée en Norvège, qui défend les droits des Kurdes d’Iran.

La répression des protestations a fait au moins 141 morts, dont des enfants, selon un bilan révélé mardi par l’ONG Iran Human Rights, basée à Oslo.

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