En Iran, des enseignants lancent un appel à la grève contre la violente répression dans les écoles

Des femmes d’origine iranienne ont manifesté leur colère face à la situation dans leur pays lors d’une manifestation devant le consulat de la République islamique, le 17 octobre, à Istanbul, en Turquie.
Emrah Gurel Associated Press Des femmes d’origine iranienne ont manifesté leur colère face à la situation dans leur pays lors d’une manifestation devant le consulat de la République islamique, le 17 octobre, à Istanbul, en Turquie.

Un syndicat d’enseignants iraniens a appelé à une grève de deux jours à partir de dimanche pour dénoncer la violente répression dans les écoles et la mort de plus de 20 enfants lors des manifestations en Iran.

La République islamique est secouée par un mouvement de protestation depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs pour infraction au code vestimentaire strict pour les femmes, prévoyant notamment le port du voile.

Selon un bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, la répression de ces manifestations a fait au moins 122 morts.

Au moins 23 enfants ont été tués par les forces de sécurité iraniennes et des centaines d’autres auraient été blessés, détenus et torturés, a indiqué lundi le Comité des droits de l’enfant de l’ONU.

Le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants iraniens a appelé jeudi à la mobilisation qui se traduira par « deux jours de sit-in et de grève dimanche et lundi ».

« Nous, les enseignants, serons présents dans les écoles, mais nous nous abstiendrons d’entrer dans les classes », précisent-ils dans un texte publié sur la plateforme Telegram.

Les enseignants accusent « les forces de sécurité et des (agents) en civil » d’agissements violents dans les écoles et d’avoir « tué plusieurs étudiants et enfants ». Ils affirment par ailleurs qu’un « grand nombre » de leurs collègues « arrêtés » ne font l’objet d’aucune inculpation.

« Les dirigeants doivent savoir que la communauté des enseignants iraniens ne tolérera pas ces atrocités et cette tyrannie », a encore dit le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants disant « soutenir le mouvement de protestation à travers le pays ».

Les enseignants ont enfin appelé à la « libération inconditionnelle de tous les écoliers en détention et leur retour sur les bancs de l’école ».

Jeudi, le syndicat avait annoncé la mort d’une adolescente iranienne de 15 ans, décédée la semaine dernière après avoir été battue par les forces de l’ordre lors d’un raid mené dans son école à Ardabil, ville du nord-ouest de l’Iran.

« Une des élèves, Asra Panahi, est malheureusement décédée à l’hôpital, tandis que d’autres ont été arrêtés », déplorent les enseignants ajoutant qu’un élève est tombé dans le coma après avoir été battu par les forces de l’ordre.

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