Un Américain condamné en Arabie saoudite pour des tweets

Saad Ibrahim Almadi, citoyen américain d’origine saoudienne, a été torturé puis condamné à 16 ans de prison.
Ibrahim Almadi via Associated Press Saad Ibrahim Almadi, citoyen américain d’origine saoudienne, a été torturé puis condamné à 16 ans de prison.

Les États-Unis ont confirmé mardi qu’un Américain avait été condamné à de la prison en Arabie saoudite pour des tweets critiques du royaume et assuré avoir évoqué son cas avec les Saoudiens, une affaire qui vient s’ajouter aux tensions entre ces deux pays alliés.

Selon le Washington Post, Saad Ibrahim Almadi, citoyen américain d’origine saoudienne de 72 ans, a été torturé puis condamné début octobre à 16 ans de prison, une peine devant être suivie pendant les 16 années suivantes d’une interdiction de quitter le territoire.

Son fils a confirmé ces détails à l’AFP.

Le département d’État a affirmé que Washington avait parlé de son cas aux Saoudiens dès décembre et encore tout récemment, lundi.

« Nous avons fait part de nos préoccupations de manière constante et intense à ce sujet à un haut niveau au sein du gouvernement saoudien, par le biais de canaux de communication à Ryad et à Washington », a affirmé le porte-parole du département d’État, Vedant Patel, à la presse.

« L’exercice de la liberté d’expression ne devrait jamais être criminalisé », a-t-il poursuivi.

Le département d’État a dit qu’aucun représentant des États-Unis n’était présent lors de la condamnation le 3 octobre, les autorités saoudiennes ayant fixé une autre date pour l’audience avant de l’avancer.

« Nous n’avons eu de nouvelles du gouvernement saoudien qu’après la date du 3 octobre », a dit M. Patel, sans autres détails.

Inculpé de soutien au terrorisme

 

Toutefois, dans le Washington Post, le fils de M. Almadi a affirmé avoir alerté les autorités américaines au sujet de l’audience.

D’après le quotidien, M. Almadi, qui vit en Floride et était allé en Arabie saoudite rendre visite à sa famille, a été arrêté en novembre à l’aéroport en raison de 14 tweets écrits ces sept dernières années.

Les tweets incriminés contenaient des opinions sur la corruption en Arabie saoudite et l’assassinat de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien démembré dans l’enceinte du consulat de son pays à Istanbul en 2018, selon le fils de M. Almadi.

Il a été notamment été inculpé de soutien au terrorisme et de tentative de déstabilisation du royaume, d’après la même source.

Avant d’être élu, le président Joe Biden s’était engagé à traiter l’Arabie en « paria » en raison de l’assassinat de Jamal Khashoggi.

Mais cet été, il a effectué une visite dans le pays pendant laquelle il a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. Un déplacement très critiqué par les défenseurs des droits humains, selon qui Washington a cédé du terrain pour des raisons notamment économiques, pétrole en tête.

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