Irak: plusieurs tirs de «missiles» contre Erbil, au Kurdistan

La montage Safin près de la ville d'Erbil, en Irak
Safin Hamed / Agence France-Presse La montage Safin près de la ville d'Erbil, en Irak

« Douze missiles balistiques » ont visé Erbil et le consulat américain dans la capitale du Kurdistan d’Irak, ont assuré les forces de sécurité kurdes dans un communiqué. Elles affirment que ces missiles ont été tirés « hors des frontières de l’Irak, plus précisément de l’est ».

L’Irak partage sa longue frontière est avec l’Iran, qui jouit d’un rôle incontournable tant sur le plan politique et économique chez son voisin irakien. Les tirs n’ont pas fait de victime, ont rapporté les autorités locales, qui n’étaient pas en mesure d’identifier ces cibles dans l’immédiat.

Après une longue période d’accalmie, un correspondant de l’AFP à Erbil a entendu trois explosions. « Plusieurs missiles sont tombés sur la ville d’Erbil », a indiqué son gouverneur Oumid Khouchnaw, cité par l’agence de presse irakienne INA.

Il a assuré que la cible était « inconnue », précisant qu’à ce stade il était impossible de dire s’il s’agit « du consulat américain ou de l’aéroport », où se trouve une base de la coalition internationale antijihadistes.

La chaîne de télévision locale Kurdistan24, dont les studios se trouvent non loin de nouveaux locaux du consulat américain, a publié sur ses réseaux sociaux des images de ses bureaux endommagés, avec des pans effondrés du faux plafond et du verre brisé.

 

Le ministère de la Santé à Erbil a assuré qu’aucune victime n’était à déplorer. L’aéroport de la ville a indiqué ne pas avoir essuyé de dommages, niant toute interruption des vols.

« Nous condamnons cette attaque terroriste lancée contre plusieurs secteurs d’Erbil, nous appelons les habitants à garder le calme », a indiqué dans un communiqué le Premier ministre du Kurdistan Masrour Barzani.

Des tirs de source inconnue

 

Jamais revendiqués, des tirs de roquettes ou des drones piégés visent régulièrement les intérêts américains et les troupes de la coalition internationale antijihadistes en Irak, où des groupes armés pro-Iran réclament le départ des soldats américains.

Fin janvier, six roquettes ont été tirées sur l’aéroport international de Bagdad, sans faire de victimes, la dernière en date d’une série d’attaques généralement imputées par Washington aux factions irakiennes pro-Iran.

Le pays avait connu en début d’année une recrudescence de ce type d’attaques. L’Iran et plusieurs groupes alliés dans la région commémoraient alors le deuxième anniversaire de la mort du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, tués par un tir de drone américain en Irak en janvier 2020.

À Erbil, la dernière attaque du genre remonte à septembre, quand des « drones armés » ont visé l’aéroport.

Ces attaques interviennent aussi dans un contexte post-électoral tendu, marqué par des tractations interminables pour former une coalition parlementaire, élire un président et désigner un premier ministre.

 

« Erbil sous le feu des perdants », a réagi dans un tweet le leader religieux chiite Moqtada Sadr, grand vainqueur des législatives d’octobre, qui ont vu les factions pro-Iran enregistrer un net recul.

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