Vol PS752 abattu: des parents portent plainte contre de hauts responsables iraniens

Samedi avait lieu à Toronto une vigie en hommage aux 176 victimes de l'écrasement du vol PS752, deux ans après les faits.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Samedi avait lieu à Toronto une vigie en hommage aux 176 victimes de l'écrasement du vol PS752, deux ans après les faits.

Les parents iraniens de deux passagers de l’avion ukrainien abattu « par erreur » près de Téhéran en janvier 2020 ont porté plainte contre trois des plus hauts responsables sécuritaires du pays, ont-ils annoncé lundi dans un quotidien réformateur.

« Nous avons porté plainte contre [le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale,] Ali Chamkhani, [le chef des Gardiens de la Révolution (l’armée idéologique de la République islamique d’Iran)], Hossein Salami, et [le chef de la branche aérospatiale des Gardiens,] Amirali Hajizadeh », a indiqué Mohsen Assadi-Lari, père de deux victimes, dans une entrevue accordée au quotidien Shargh.

Le 8 janvier 2020, les forces armées iraniennes avaient abattu le Boeing effectuant le vol PS752 d’Ukraine International Airlines devant relier Téhéran à Kiev, causant la mort des 176 occupants, en majorité des Iraniens et des Canadiens.

Elles n’ont reconnu que trois jours plus tard avoir abattu l’appareil « par erreur ».

M. Assadi-Lari, directeur général des affaires internationales auprès du ministère de la Santé au moment du drame, et son épouse ont perdu dans l’écrasement leur fils Mohammad-Hossein, 23 ans, et leur fille Zeinab, 21 ans.

Des condoléances, encore une fois

Plus tard dans la journée, les Gardiens de la Révolution ont, dans un communiqué, présenté « une nouvelle fois » les condoléances de leur chef « à cette chère famille et aux autres grandes familles des martyrs de ce vol ».

« Nous n’épargnerons aucun effort pour alléger les souffrances de toutes les familles », a déclaré le général Hossein Salami selon le texte publié sur Sepah News, le site officiel des Gardiens.

Plusieurs dizaines de proches de victimes se sont rassemblés samedi près de l’aéroport international de Téhéran pour réclamer justice et rendre hommage aux victimes, à l’occasion du deuxième anniversaire du drame.

La nuit de l’écrasement, les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte maximale par crainte d’une attaque américaine. La République islamique s’attendait à une réplique de Washington après avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine en Irak, en riposte à l’élimination du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l’Iran.

L’Iran a déclaré vendredi avoir commencé à indemniser certaines des familles de victimes en versant une « somme de 150 000 dollars », promettant de payer le reste des proches.

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