Nouvelles frappes israéliennes sur l’un des principaux ports de la Syrie

Depuis que la guerre a éclaté en Syrie, en 2011, Israël a mené des centaines de frappes aériennes chez son voisin.
Photo: SANA via Associated Press Depuis que la guerre a éclaté en Syrie, en 2011, Israël a mené des centaines de frappes aériennes chez son voisin.

Des frappes aériennes israéliennes ont causé d’importants dégâts mardi dans le port syrien de Lattaquié, la deuxième attaque de ce type en décembre contre cette installation stratégique dans l’ouest du pays, a affirmé un média d’État syrien.

Depuis que la guerre a éclaté en Syrie, en 2011, Israël a mené des centaines de frappes aériennes chez son voisin, ciblant des positions de l’armée ainsi que des forces soutenues par l’Iran et des combattants du mouvement chiite libanais Hezbollah.

« Vers 3 h 21, l’ennemi israélien a mené une agression aérienne avec plusieurs missiles en direction de la Méditerranée […] ciblant le parc à conteneurs du port de Lattaquié », principal port commercial du pays contrôlé par le gouvernement, a indiqué l’agence de presse syrienne Sana, citant une source militaire.

Le port de Tartous, le plus grand du pays, situé à plus de 80 kilomètres plus au sud, est exploité par une société russe.

« Violentes explosions »

L’agence Sana n’a pas fait état de victimes, mais d’incendies et de « dégâts matériels importants », précisant que plusieurs bâtiments proches du port, dont une clinique et des magasins, avaient été endommagés.

Sana a diffusé des images où des pompiers tentent de maîtriser un énorme incendie. Selon l’agence, les conteneurs visés étaient remplis « d’huile et de pièces détachées pour voitures et autres véhicules ».

Le gouverneur de Lattaquié, Ismail Hilal, a annoncé que les pompiers avaient éteint l’incendie et qu’ils avaient entamé le travail de refroidissement du site, a rapporté Sana.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni et qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, affirme de son côté que « des armes et des munitions » se trouvaient dans ces conteneurs, ajoutant qu’il n’était « pas clair » si elles étaient en provenance de l’Iran, grand allié de Damas.

Le bombardement a « entraîné de violentes explosions, qui ont été ressenties dans la ville de Lattaquié et ses environs », a ajouté l’OSDH.

« Nous ne pensons pas que des situations de ce genre contribuent à la stabilité du Moyen-Orient ou à la situation en Syrie », a déclaré le représentant adjoint de la Russie aux Nations unies, Dmitri Polyanski.

« Nous ne cachons jamais que nous n’approuvons pas un tel comportement », a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant que la Russie, principale alliée du régime syrien avec l’Iran, « abordera les problèmes de manière bilatérale avec Israël ».

Le 7 décembre, Israël avait lancé une attaque contre une cargaison d’armes iraniennes dans le port de Lattaquié, sans faire de victimes, selon l’OSDH.

Ce bombardement avait mis le feu à « un certain nombre de conteneurs commerciaux », avait de son côté précisé Sana, évoquant une » riposte » des défenses antiaériennes syriennes.

« Pas de commentaires »

« Nous ne faisons pas de commentaires sur des informations de médias étrangers », a déclaré mardi un porte-parole de l’armée israélienne interrogé sur les dernières frappes contre le port de Lattaquié.

L’État hébreu commente rarement les attaques qu’il mène contre son voisin du nord, mais a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettrait pas à son ennemi, l’Iran, d’étendre son influence en Syrie.

L’Iran, considéré comme le principal allié régional du régime syrien, a fourni une aide politique, économique et militaire à Damas depuis le début du conflit, en 2011.

Israël a récemment intensifié la fréquence de ses frappes en Syrie.

Le 3 novembre, des frappes aériennes avaient visé des dépôts d’armes et de munitions appartenant à des combattants affiliés à l’Iran dans la banlieue de Damas, selon l’OSDH.

Fin octobre, cinq combattants affiliés à l’Iran avaient été tués dans une frappe israélienne contre plusieurs positions dans la banlieue de la capitale syrienne, selon l’OSDH. L’ONG avait également fait état de la mort de neuf combattants pro-iraniens lors d’une frappe israélienne le même mois, dans la banlieue est de Homs, Damas confirmant la mort d’un soldat syrien.

Depuis le début de l’année, Israël a ciblé la Syrie une trentaine de fois, faisant 130 morts, dont cinq civils et 125 combattants du régime ou membres des forces qui lui sont alliées, selon l’OSDH.

La guerre en Syrie a fait environ 500 000 morts, causé d’énormes destructions des infrastructures et déplacé des millions de personnes depuis le déclenchement du conflit en 2011.

À voir en vidéo