Biden sous le feu des critiques sur la crise afghane

En avril dernier, le président américain, Joe Biden, a confirmé le retrait des forces américaines d’Afghanistan, en repoussant initialement la date au 11 septembre, puis au 31 août.
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse En avril dernier, le président américain, Joe Biden, a confirmé le retrait des forces américaines d’Afghanistan, en repoussant initialement la date au 11 septembre, puis au 31 août.

Un « désastre prévisible », « un chaos tragique » : avec la débâcle en Afghanistan, où les talibans avancent vers Kaboul, Joe Biden affronte l’une des plus grandes épreuves de son début de mandat.

La semaine avait pourtant démarré dans une excellente humeur à la Maison-Blanche, où l’on célébrait le large soutien au Sénat pour le plan Biden d’investissements « historiques » dans les infrastructures.

Elle s’achève sous une avalanche de critiques pendant qu’en Afghanistan, les talibans sont pratiquement arrivés aux portes de Kaboul et que Washington prévoit l’évacuation en catastrophe de ses diplomates, protégée par le déploiement de 3000 militaires américains.

Le gouvernement Biden a « livré, comme c’était prévisible, un pays entier aux terroristes », a tonné vendredi le chef des républicains à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy.

Même s’il reconnaît à demi-mot que le retrait avait été lancé par Donald Trump après vingt ans de guerre, ouverte en réponse aux attentats du 11 Septembre, ce dernier accuse le président démocrate d’avoir précipité la crise en « bâclant » cette opération.

La veille, son homologue au Sénat, Mitch McConnell, avait aussi fustigé un « désastre prévisible » en l’appelant à soutenir l’armée afghane face aux talibans avec, en premier lieu, un appui aérien.

L’ex-président républicain s’est fendu d’un communiqué vendredi pour dénoncer « un chaos tragique ».

Signe de l’ampleur de la crise : si les voix les plus féroces viennent du côté républicain, les critiques pleuvent aussi du côté de médias généralistes d’ordinaire plus bienveillants envers Joe Biden.

Manque de préparation ?

« L’éventualité que les talibans prennent complètement le contrôle et dirigent le pays en entier est très improbable » : à CNN, les images de cette déclaration présidentielle datant de début juillet tournent en boucle. « Les vies afghanes détruites ou perdues resteront inscrites dans l’héritage » politique du démocrate, a asséné le Washington Post dans un éditorial jeudi.

Andrew Wilder, un expert sur l’Afghanistan membre du centre de réflexion US Institute of Peace, confiait à des journalistes vendredi avoir été, comme beaucoup, « surpris par la vitesse à laquelle la situation a changé » dans ce pays, en déplorant un retrait qui ne serait ni « structuré ni responsable ».

« Il est difficile de ne pas conclure que ce n’est pas le retrait américain, mais plutôt la façon dont nous nous sommes retirés, qui a joué un rôle crucial dans tout cela. »

C’est sous Donald Trump que les États-Unis avaient, le 29 février 2020, signé un accord avec les talibans dans lequel Washington s’engageait à retirer l’ensemble des forces américaines d’Afghanistan avant le 1er mai 2021. En avril, Joe Biden avait confirmé le retrait militaire total, en repoussant initialement la date au 11 septembre, puis au 31 août.

Mardi, il avait affirmé ne pas regretter sa décision, en rappelant le coût de cette longue guerre : plus de 1000 milliards de dollars en vingt ans et près de 2500 militaires américains morts. Les Afghans « doivent avoir la volonté de se battre » pour eux-mêmes, avait-il martelé.

Multipliant encore vendredi les messages sur ses projets titanesques d’investissements, la Maison-Blanche semble faire le pari, risqué, que les Américains continueront à soutenir ce retrait, populaire jusqu’ici dans les sondages.

« Le président Biden doit être salué pour avoir la force de s’opposer à ceux qui veulent des guerres sans fin », a écrit vendredi l’organisation progressiste d’anciens combattants VoteVets.

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