Des médias britanniques appellent à protéger les Afghans qui ont travaillé pour eux

L’Afghanistan est depuis longtemps l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Il est classé à la 122e place sur 180 par Reporters sans Frontières (RSF) dans son dernier classement sur la liberté de la presse, publié en mai.
Photo: Rahmat Gul Associated Press

L’Afghanistan est depuis longtemps l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Il est classé à la 122e place sur 180 par Reporters sans Frontières (RSF) dans son dernier classement sur la liberté de la presse, publié en mai.

Plusieurs organisations britanniques de journalistes ont demandé au gouvernement de Boris Johnson de protéger en urgence les Afghans qui ont travaillé pour des médias britanniques pendant la guerre et dont les vies sont menacées par l’avancée des talibans.

La lettre, signée par tous les grands journaux britanniques, selon le Times jeudi, ainsi que des chaînes comme Sky News et ITN, a été adressée au chef du gouvernement conservateur et à son ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, pour alerter sur les risques qui pèsent avec le retrait des forces de la coalition occidentale.

« Il y a un besoin urgent d’agir rapidement, la menace qui pèse sur leur vie est sévère et s’aggrave », souligne le texte.

« Si on les laisse derrière nous, ces journalistes afghans et employés des médias qui ont joué un rôle essentiel pour informer le public britannique en travaillant pour des médias britanniques seront exposés à des risques de persécution, d’atteintes physiques, d’incarcération, de torture ou de mort », souligne la lettre.

L’Afghanistan est depuis longtemps l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes.

Il est classé à la 122e place sur 180 par Reporters sans Frontières (RSF) dans son dernier classement sur la liberté de la presse, publié en mai.

Le 17 juillet, un photographe indien de l’agence Reuters, Danish Siddiqui, a été tué alors qu’il couvrait les combats entre talibans et forces afghanes dans le district de Spin Boldak.

En mai dernier, un journaliste afghan renommé, Nemat Rawan, a été tué un jour après que les talibans, qui ont démenti être impliqués dans la mort de l’ancien présentateur, ont lancé une menace à peine voilée envers les médias qui se laisseraient aller à une « couverture biaisée » des événements.

Avec le retrait de ses troupes dans le cadre de la mission de l’OTAN, le gouvernement britannique s’est engagé dans un vaste programme de relocalisation des traducteurs et employés afghans qui ont travaillé pour son armée.

Les ministres de la Défense Ben Wallace et de l’Intérieur Priti Patel ont indiqué dans un communiqué vouloir relocaliser « dès que possible » 500 ex-employés locaux (soit 2500 personnes en comptant les familles), en plus des près de 3000 qui ont déjà bénéficié du programme.

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