Les bureaux de l’ONU attaqués en Afghanistan, un policier tué

La zone où se trouve les bureaux de l’ONU était le théâtre vendredi d’intenses combats entre forces afghanes et talibans.
Photo: Hoshang Hashimi Agence France-Presse La zone où se trouve les bureaux de l’ONU était le théâtre vendredi d’intenses combats entre forces afghanes et talibans.

Les bureaux des Nations unies ont été attaqués vendredi au lance-roquettes à Herat, la grande ville de l’Ouest afghan, autour de laquelle s’affrontent talibans et forces afghanes, une attaque qui a coûté la vie à un policier afghan.

Les insurgés, maîtres de vastes portions rurales du pays, ont aussi accru ces derniers jours leur pression sur deux autres capitales provinciales, dans le sud de l’Afghanistan : Kandahar, deuxième ville du pays, et Lashkar Gah.

L’attaque « contre l’entrée d’un bâtiment des Nations unies clairement identifié » à Herat « a été menée par des éléments antigouvernementaux », a indiqué l’Unama dans un communiqué, précisant qu’un policier gardant le bâtiment avait été tué et plusieurs blessés.

L’entrée du complexe a essuyé des tirs de lance-roquettes et d’armes à feu, a poursuivi l’Unama, ajoutant qu’aucun employé de l’ONU n’avait été blessé.

La zone où se trouvent les bureaux attaqués, aux abords d’Herat, était le théâtre vendredi d’intenses combats entre forces afghanes et talibans, lesquels se rapprochent de la ville, capitale provinciale de 600 000 habitants et troisième agglomération du pays en termes de population.

« Cette attaque contre les Nations Unies est déplorable et nous la condamnons dans les termes les plus forts », a déclaré Deborah Lyons, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en Afghanistan et cheffe de l’Unama.

« Ceux qui ont mené cette attaque doivent être identifiés et rendre des comptes », a-t-elle souligné.

Les attaques contre les personnels civils et les bâtiments de l’ONU sont interdites par le droit international et peuvent s’apparenter à des crimes de guerre, a rappelé l’Unama, qui a aussi rendu hommage aux gardes afghans ayant défendu le complexe onusien.

Les insurgés se sont récemment emparés de plusieurs districts de la province d’Herat, ainsi que de deux postes-frontière qui y sont situés, celui d’Islam Qala, principal point de passage avec l’Iran, et celui de Torghundi avec le Turkménistan.

De nombreux habitants des alentours d’Herat ont fui vendredi les combats.

Selon un correspondant de l’AFP, forces afghanes et talibans s’affrontent notamment vendredi sur la route menant à l’aéroport, situé à une quinzaine de kilomètres au sud du centre d’Herat.

Habitants terrifiés

Des habitants ont également fait état de combats dans les districts de Guzara, où se trouve l’aéroport, et d’Injil qui enserre Herat.

« Les gens sont terrifiés », a expliqué Abdul Rab Ansari qui a fui le district de Guzara pour se réfugier en ville. Selon Mohammad Allayar, autre habitant de la zone réfugié à Herat, « les combats sont intenses » dans le district de Guzara.

Les talibans ont indiqué s’être emparés de ce district, mais les informations en provenance des habitants étaient contradictoires à ce sujet vendredi soir.

Selon un correspondant de l’AFP, les forces afghanes et les miliciens d’Ismail Khan, un puissant chef de guerre local opposé aux talibans, se sont déployés autour d’Herat.

Les talibans ont déclenché début mai une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, à la faveur de l’amorce du retrait définitif — désormais quasiment achevé — des troupes internationales d’Afghanistan.

Ils se sont emparés en trois mois de vastes zones essentiellement rurales du pays, face à des forces gouvernementales qui n’ont jusqu’ici opposé qu’une faible résistance et ne contrôlent plus pour l’essentiel que les capitales provinciales et la plupart des grands axes.

L’Unama s’est également déclarée vendredi “profondément inquiète de l’escalade de la violence dans et autour de Kandahar, sur fond d’attaques des talibans sur la ville” et a averti « des graves conséquences pour les civils qu’auraient la poursuite et l’intensification des combats dans les zones urbaines de la ville ».

Selon la mission de l’ONU, des informations crédibles font état de dizaines de civils tués. Plus de 230 civils ont été blessés depuis le 16 juillet, mais leur nombre réel est « certainement bien plus élevé », ajoute-t-elle.

Daud Farhad, directeur du principal hôpital de Kandahar a indiqué vendredi que 33 personnes — dont 24 civils — avaient été blessées dans les combats au cours des dernières 24 heures.

De son côté, Daud Shah, un policier de Lashgar Gah, capitale de la province du Helmand, a indiqué vendredi à l’AFP que des talibans avaient lancé depuis la veille « une opération depuis plusieurs directions » sur la ville, mais qu’ils avaient été repoussés, sans qu’il soit possible de vérifier la réalité de la situation sur le terrain.

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