Jérusalem toujours sous tension malgré le cessez-le-feu

À Gaza, la distribution par les autorités locales et les ONG d’aides de première nécessité laisse la population amère face à l’ampleur des dégâts.
Photo: John Minchillo Associated Press À Gaza, la distribution par les autorités locales et les ONG d’aides de première nécessité laisse la population amère face à l’ampleur des dégâts.

Les tensions étaient vives lundi à Jérusalem et en Cisjordanie occupée à la veille de l’arrivée dans la région du chef de la diplomatie américaine pour tenter de consolider le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne de Gaza.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, est attendu mardi en Israël et en Cisjordanie, au quatrième jour d’une trêve négociée par l’Égypte après une nouvelle guerre meurtrière entre Israël et le Hamas palestinien. Il doit s’entretenir avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avant de poursuivre sa tournée en Égypte et en Jordanie, deux acteurs régionaux voisins d’Israël.

L’objectif de la visite est « de soutenir leurs efforts pour consolider le cessez-le-feu », a écrit lundi M. Blinken sur Twitter, tandis que le président américain, Joe Biden, a indiqué que le secrétaire d’État devait « évoquer le soutien inébranlable [des États-Unis] à la sécurité d’Israël » et poursuivre « les efforts du gouvernement pour rebâtir les liens avec les Palestiniens ».

Malgré d’intenses efforts diplomatiques, les tensions persistent sur le terrain entre Israéliens et Palestiniens. Une attaque au couteau a blessé deux personnes, dont un soldat israélien, lundi à Jérusalem non loin du quartier de Cheikh Jarrah. L’assaillant, un Palestinien de 17 ans, selon l’agence officielle palestinienne, a été abattu par les forces de sécurité israéliennes. C’est à Cheikh Jarrah, secteur palestinien de la ville sainte occupé par Israël, qu’a pris racine fin avril la quatrième guerre meurtrière entre Israël et le Hamas.

Onze jours de guerre

Des milliers de personnes avaient manifesté à Jérusalem-Est pour soutenir des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah menacées d’expulsion au profit de colons israéliens. Les tensions entre Palestiniens et forces israéliennes s’étaient étendues à l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam. Elles ont déclenché le soir du 10 mai une guerre entre le Hamas et Israël, qui a duré onze jours et tué 253 Palestiniens dans la bande de Gaza, dont 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. Lundi, la branche armée du Hamas a annoncé avoir retrouvé les corps de quatre de ses combattants dans un tunnel.

En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts, dont un enfant, une adolescente et un soldat, d’après la police.

Alors que les armes se sont tues depuis trois jours, les tensions persistent en Cisjordanie où l’armée israélienne a mené de nombreuses arrestations. Selon le Club des prisonniers palestiniens, 43 personnes ont été arrêtées dans la nuit en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée. La police israélienne a pour sa part fait état de 1550 arrestations ces deux dernières semaines en lien avec des « violences ».

Faire entrer des aides

Médiateur traditionnel entre Palestiniens et Israéliens, Le Caire s’active afin de consolider le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, qui ne comporte aucune condition à l’arrêt des hostilités et n’établit aucun plan pour la reconstruction de la bande de Gaza, une nouvelle fois dévastée par la guerre.

Une délégation égyptienne se trouve dans l’enclave palestinienne pour des discussions avec le Hamas, organisation classée « terroriste » par les États-Unis et l’Union européenne. Et le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukry, a été reçu lundi à Ramallah par M. Abbas. Le ministre égyptien avait auparavant indiqué avoir reçu un appel de son homologue israélien pour discuter des moyens de faciliter l’entrée des aides à Gaza.

Israël, qui impose un strict blocus terrestre, mais aussi maritime à l’enclave palestinienne depuis près de 15 ans, accuse fréquemment le Hamas d’avoir détourné l’aide internationale à des fins militaires et a dit lundi souhaiter un « mécanisme » international pour le contourner dans l’envoi des aides.

« Il est vital que les Palestiniens aient de l’espoir et des opportunités, et qu’ils puissent vivre en paix et en sécurité, de la même façon que c’est important pour les Israéliens », a indiqué dimanche Antony Blinken.

Lundi soir, Israël a annoncé la réouverture quotidienne dès mardi du terminal de Kerem Shalom pour l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Jusque-là ce point de passage était ouvert de manière ponctuelle. Les malades pourront également entrer et sortir de Gaza pour la première fois depuis le 10 mai et la zone de pêche au large de l’enclave sera élargie à six milles nautiques. À Gaza, la distribution par les autorités locales et les ONG d’aides de première nécessité laisse la population amère face à l’ampleur des dégâts.

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