Un cessez-le-feu est en vigueur à Gaza

Dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, jeudi, des Palestiniens ont exprimé leur satisfaction dans les rues du centre de Gaza.
Photo: Mohammed Abed Agence France-Presse Dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, jeudi, des Palestiniens ont exprimé leur satisfaction dans les rues du centre de Gaza.

Après d’intenses négociations diplomatiques, le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est entré en vigueur jeudi soir dans la bande de Gaza, devant ainsi mettre fin à leur confrontation la plus meurtrière depuis des années.

Dans l’heure précédant la trêve, à 2 h du matin vendredi (19 h jeudi au Québec), des habitants de Gaza faisaient toujours état de bombardements, alors que des sirènes d’alarme prévenaient toujours des habitants du sud d’Israël de tirs de roquettes. Mais dès son entrée en vigueur, des Palestiniens ont exprimé leur satisfaction dans les rues du centre de Gaza, mais aussi de villes de la Cisjordanie occupée, tandis que l’armée israélienne ne faisait mention d’aucune nouvelle alerte à la roquette.

Cet accord de cessez-le-feu a été favorisé par l’Égypte, puissance régionale entretenant à la fois des relations avec Israël et le Hamas, l’Union européenne et les États-Unis. Le président américain, Joe Biden, a d’ailleurs exprimé sa « sincère reconnaissance » à l’Égypte pour son rôle dans les négociations.

M. Biden a également estimé que cette trêve était en fait « une vraie occasion » d’avancer vers la paix entre Israéliens et Palestiniens. « Les Palestiniens et les Israéliens méritent tout autant de vivre en sécurité et de jouir d’un même niveau de liberté, de prospérité et de démocratie. »

Dans la journée de jeudi, des rumeurs d’une cessation des hostilités fusaient pour mettre un terme à une dizaine de jours d’affrontements ayant fait au moins 232 morts côté palestinien, dont 65 enfants, et 12 morts en Israël, dont un enfant. Or, la décision est tombée après une réunion du cabinet de sécurité israélien — regroupant le premier ministre, Benjamin Nétanyahou, l’état-major de l’armée et des services de renseignement —, qui a « accepté à l’unanimité » l’initiative égyptienne de « cessez-le-feu bilatéral sans condition ».

Dans la foulée, le Hamas et le Djihad islamique — autre groupe armé palestinien de Gaza — ont confirmé l’entrée en vigueur de cette trêve. « La résistance palestinienne respectera cet accord aussi longtemps que l’occupation [nom donné par le Hamas à Israël] le respectera », a déclaré le bureau politique du Hamas dans un communiqué.

Flambée de violences

Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, avait lancé les hostilités le 10 mai en tirant des salves de roquettes vers Israël. Un geste fait par « solidarité » avec les centaines de Palestiniens qui ont été blessés lors d’affrontements avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam.

Après ces tirs de roquette, Israël a lancé une opération visant à « réduire » les capacités militaires du Hamas à Gaza. L’armée de l’État hébreu a multiplié les frappes aériennes contre ce microterritoire de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis presque 15 ans.

De leurs côtés, le Hamas et le Djihad ont lancé plus de 4300 roquettes — une intensité inégalée — vers Israël, qui dispose d’un bouclier antimissile ayant permis d’intercepter 90 % de ces projectiles.

Surveillance

Après trois guerres en une décennie, le Hamas et Israël s’étaient entendus en 2018 sur une trêve visant à stabiliser, mais aussi à développer Gaza, grâce à une médiation de l’ONU, de l’Égypte et du Qatar, émirat du Golfe proche de la mouvance des Frères musulmans dont est issu le Hamas.

En coulisses, ces trois acteurs ont multiplié les pourparlers jeudi afin d’en arriver à cet accord de trêve. L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, s’est rendu au Qatar pour rencontrer le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, tandis que les Égyptiens ont discuté avec des responsables sécuritaires israéliens pour pousser les parties à ce cessez-le-feu.

Aux termes de l’accord, deux délégations égyptiennes sont attendues à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en œuvre de la trêve.

À voir en vidéo