Washington veut une «désescalade» immédiate à Gaza

La flambée de violences qui dure depuis le 10 mai, la plus meurtrière depuis 2014 entre l’État hébreu et le Hamas, a coûté la vie à au moins 227 Palestiniens. Sur la photo, de la fumée dans le ciel de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, après des frappes aériennes israéliennes, mercredi.
Photo: Said Khatib Agence France-Presse La flambée de violences qui dure depuis le 10 mai, la plus meurtrière depuis 2014 entre l’État hébreu et le Hamas, a coûté la vie à au moins 227 Palestiniens. Sur la photo, de la fumée dans le ciel de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, après des frappes aériennes israéliennes, mercredi.

Le président américain, Joe Biden, a appelé mercredi à une « désescalade » immédiate dans le conflit israélo-palestinien, alors qu’Israël dit attendre « le moment opportun » pour cesser ses frappes contre la bande de Gaza qui ont fait huit nouveaux morts palestiniens.

« Le président [américain] a indiqué au premier ministre [israélien] qu’il s’attendait à une désescalade significative [mercredi] vers un cessez-le-feu », a indiqué la Maison-Blanche dans un bref compte rendu d’un échange téléphonique entre Joe Biden et Benjamin Nétanyahou.

Mais en soirée, les frappes aériennes israéliennes sur Gaza et les tirs de roquettes sur Israël depuis l’enclave palestinienne par les groupes armés — dont le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir — se sont poursuivis.

Les États-Unis, qui revendiquent une approche diplomatique « discrète », ont refusé de soutenir un projet français d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une cessation des hostilités.

Journaliste tué

Mercredi, sept Palestiniens — dont un homme handicapé, sa femme enceinte et leur fille de 3 ans — ont péri à Gaza, et un huitième a succombé à ses blessures, selon le ministère de la Santé gazaoui. Un journaliste d’une radio affiliée au Hamas, Youssef Abou Hussein, a également été tué chez lui par un raid, selon la Fédération internationale des journalistes, le premier journaliste mort depuis le début des violences.

L’armée israélienne a ciblé une tour dans la bande de Gaza qui aurait abrité le « département technologique » du Hamas, des tunnels permettant au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions, selon elle, ainsi que des maisons de commandants de l’organisation.

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C’est, depuis 9 jours, le nombre de Palestiniens tués en Cisjordanie, où les affrontements se sont multipliés entre jeunes Palestiniens et forces israéliennes.

En Israël, les sirènes pour alerter des tirs de roquettes en provenance de Gaza, notamment dans le sud du pays, ont continué de retentir en soirée.

La flambée de violences qui dure depuis le 10 mai, la plus meurtrière depuis 2014 entre l’État hébreu et le Hamas, a coûté la vie à au moins 227 Palestiniens, dont 64 enfants, d’après le ministère de la Santé à Gaza. En Israël, les tirs de roquettes ont fait 12 morts selon la police.

Le conflit a également touché la Cisjordanie, où les affrontements se sont multipliés entre jeunes Palestiniens et forces israéliennes, faisant 25 morts palestiniens depuis neuf jours.

Sprint diplomatique

Sur un autre front, de nouvelles roquettes tirées du Liban ont pour la première fois atterri en Israël, mais sans faire de victimes, selon l’armée. Celle-ci a répliqué par des tirs d’artillerie sur des « cibles » dans le sud du Liban.

Après des jours de violences sanglantes, un responsable militaire israélien a affirmé que son pays étudiait le « moment opportun pour un cessez-le-feu », précisant que l’armée était prête à encore « plusieurs jours » de conflit. L’armée, a-t-il ajouté à des journalistes, veut « réduire les capacités » militaires du Hamas considéré comme une organisation « terroriste » par Israël et des pays occidentaux.

« Ce que nous essayons de faire est précisément ceci : diminuer leurs capacités, leurs moyens terroristes et diminuer leur détermination », a renchéri le premier ministre Nétanyahou lors d’une rencontre avec des ambassadeurs.

Depuis le 10 mai, 4000 roquettes ont été tirées de Gaza dont environ 90 % ont été interceptées par le système de défense antiaérien israélien, selon l’armée.

En coulisses, une médiation menée en partie par l’Égypte, interlocuteur à la fois d’Israël et du Hamas, n’a toujours pas abouti, selon des sources diplomatiques égyptiennes. « Nous n’en sommes pas encore à un cessez-le-feu », ont résumé à Jérusalem deux sources diplomatiques étrangères à l’AFP, alors qu’une troisième a fait état d’un « risque de contagion » à la région qui rend encore plus « urgent » un cessez-le-feu.

Dans ce sprint diplomatique, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, est attendu jeudi à Jérusalem et en Cisjordanie.

« Besoins urgents »

À Gaza, microterritoire de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans, quelque 72 000 personnes ont été déplacées et 2500 ont perdu leur maison dans les bombardements israéliens, selon l’ONU. Des livraisons d’aides internationales ont été annulées par Israël, après des tirs palestiniens sur des points de passage vers Gaza, selon l’armée.

Le Comité international de la Croix-Rouge a estimé que « les populations à Gaza et en Israël ont un besoin urgent de répit », ajoutant dans un communiqué avoir informé Israël et le Hamas qu’à partir de jeudi, son personnel se « déplacera pour apporter une réponse aux besoins urgents. Les deux parties ont une responsabilité claire de nous faciliter de tels mouvements ».

Le nouveau cycle de violences a éclaté après un barrage de roquettes du Hamas sur Israël tiré selon le mouvement palestinien en « solidarité » avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.

À l’origine des heurts, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans un quartier de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

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