Les bombardements israéliens font 42 morts à Gaza

Dimanche a vu le plus lourd bilan de victimes palestiniennes depuis la reprise des hostilités, le 10 mai.
Photo: Mahmud Hams Agence France-Presse Dimanche a vu le plus lourd bilan de victimes palestiniennes depuis la reprise des hostilités, le 10 mai.

Les frappes israéliennes ont tué dimanche 42 Palestiniens à Gaza, dont de nombreux enfants, lors de la journée la plus sanglante de cette semaine d’escalade de violences inédite, tandis que la réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU n’a abouti à aucune avancée.

« Le carnage a continué aujourd’hui. Ce cycle insensé d’effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement », a déclaré à l’ouverture de la réunion le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, redoutant que l’explosion de violence provoque « une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable ».

Mais cette troisième session virtuelle n’a accouché d’aucune proposition.

Selon plusieurs diplomates interrogés par l’AFP, les États-Unis, à la position jugée incompréhensible pour nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration commune permettant d’aboutir rapidement à un arrêt des hostilités.

 

Les groupes armés palestiniens, dont le Hamas au pouvoir à Gaza, ont tiré plus de 3000 roquettes vers Israël depuis le début de ces hostilités, le rythme le plus élevé de projectiles jamais tirés sur le sol israélien, a indiqué dimanche l’armée israélienne, soulignant qu’une grande partie avait été interceptée par son système antimissile.

« L’intensité de ce conflit, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, avec des raids aériens incessants sur Gaza qui est densément peuplée, et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël », s’est alarmé Robert Mardini, directeur général de la Croix-Rouge.

Voiture-bélier à Jérusalem-Est

Depuis les premières heures de dimanche, 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants, ont été tués selon les autorités locales dans des bombardements israéliens sur Gaza, une enclave pauvre de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans.

Il s’agit du plus lourd bilan quotidien à Gaza depuis le début de ces violences. Au total, depuis le 10 mai, 192 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1200 ont été blessés, selon le dernier bilan palestinien.

Ces dernières heures, 120 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël, mais des dizaines ont été interceptées, selon l’armée israélienne. Depuis lundi dernier, dix personnes ont été tuées, dont un enfant, et 282 ont été blessées en Israël, par les tirs palestiniens.

Relativement épargnée ces derniers jours, Jérusalem a été le théâtre dimanche d’une attaque à la voiture-bélier contre une patrouille israélienne dans l’ultra-sensible quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

L’attaque a fait plusieurs blessés selon la police israélienne qui dit avoir « neutralisé » l’assaillant, sans plus de précisions sur son sort ou son identité.

« C’était l’enfer ! »

À Gaza, Abou Anas Achkanani a raconté avoir perdu sa belle-sœur et quatre neveux et nièces, dont l’aîné avait 11 ans, qui dormaient au moment d’une des frappes israéliennes sur le quartier Al-Rimal.

« J’étais dans la maison à côté […]. Il n’y avait absolument rien, soudain vers 12 h 00, 12 h 15, il y a eu la frappe dans la rue et c’était l’enfer ! […]. On est descendu pour voir, c’était surréaliste. On a sorti la mère des décombres avec les enfants. »

Franchissant un nouveau palier dans sa guerre contre le Hamas, l’armée israélienne a aussi annoncé sur Twitter avoir « attaqué le domicile de Yahya Sinouar et de son frère, un militant terroriste », publiant des images d’une maison pulvérisée dans un nuage de poussière. Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe, mais on ignore le sort de ce chef du Hamas à Gaza.

Benjamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, a réitéré que l’opération allait encore « prendre du temps » et a appelé les Israéliens à limiter leurs « activités en extérieur ». Il s’adressait à ses concitoyens avant la fête de Chavouot (Pentecôte), qui a commencé à la tombée de la nuit.

Une tour abritant des médias, une « cible légitime »

Cette fois-ci en anglais et dans un entretien à la chaîne américaine CBS, M. Nétanyahou a également justifié la frappe samedi qui a pulvérisé la tour de 13 étages abritant les équipes de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et de l’agence de presse américaine Associated Press (AP).

C’était « une cible parfaitement légitime », a répété dimanche le premier ministre israélien en entrevue à la chaîne américaine CBS, en affirmant se baser sur des informations des services de renseignement.

Les hostilités à Gaza ont éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes tirées par le Hamas sur Israël en « solidarité » avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. À l’origine des manifestations, la menace d’expulsion forcée de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Les violences se sont aussi étendues à la Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où des heurts avec l’armée israélienne ont fait depuis le 10 mai 19 morts selon un bilan palestinien.

Sur son territoire, Israël est également confronté depuis plusieurs jours à des violences inédites et des menaces de lynchages dans ses villes « mixtes », où vivent Juifs et Arabes israéliens.

La dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas remonte à l’été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2251 morts du côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 du côté israélien, quasiment tous des soldats.

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