Au moins 44 morts dans un pèlerinage juif en Israël

La Magen David Adom—équivalent israélien de la Croix-Rouge—avait plus tôt évoqué au moins 20 blessés dans un état critique, avant de revoir ce bilan à la hausse à des «dizaines de morts» et des dizaines de blessés graves.
Photo: David Cohen / Jini Pix / Agence France-Presse La Magen David Adom—équivalent israélien de la Croix-Rouge—avait plus tôt évoqué au moins 20 blessés dans un état critique, avant de revoir ce bilan à la hausse à des «dizaines de morts» et des dizaines de blessés graves.

Une bousculade géante lors d’un pèlerinage juif rassemblant des milliers de personnes dans le nord d’Israël a fait au moins 44 morts vendredi, ont annoncé les secouristes dans un nouveau bilan.

La Magen David Adom — équivalent israélien de la Croix-Rouge — avait plus tôt évoqué au moins 20 blessés dans un état critique, avant de revoir ce bilan à la hausse à des « dizaines de morts » et des dizaines de blessés graves. Il est ensuite passé à au moins 44 morts.

En pleine nuit, les gyrophares de dizaines d’ambulances scintillent en marge à proximité du mont Méron, théâtre de la tragédie. Et en matinée, la situation était tendue alors que des pèlerins invectivaient les forces de l'ordre sur place. 

Les secouristes avaient au début évoqué l’effondrement de gradins pour expliquer ces blessés, avant ensuite d’évoquer une « bousculade » géante.

Des dizaines de milliers de personnes participaient dans la nuit de jeudi à vendredi à un pèlerinage annuel dans le nord d’Israël pour le plus grand événement public dans le pays depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Le pèlerinage, qui a lieu à l’occasion de la fête juive de Lag Baomer, se tient à Meron, autour du tombeau présumé de Rabbi Shimon Bar Yochaï, un talmudiste du IIe siècle de l’ère chrétienne auquel on attribue la rédaction du Zohar, ouvrage central de la mystique juive.

Lag Baomer est une fête joyeuse marquant le souvenir de la fin d’une épidémie dévastatrice parmi les élèves d’une école talmudique à cette époque.

Les autorités avaient permis la présence de 10 000 personnes dans l’enceinte du tombeau mais, selon les organisateurs, plus de 650 bus ont été affrétés dans tout le pays, soit au minimum 30 000 personnes, tandis que la presse locale faisait état de 100 000 personnes sur place.

Déploiement d’hélicoptères

Mais après minuit, des appels d’urgence aux secouristes se sont multipliés, et six hélicoptères ont été déployés afin d’évacuer des blessés dans des hôpitaux de Safed et Nahariya, deux villes du nord du pays.

Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a confirmé avoir déployé des hélicoptères afin de porter secours aux victimes.

Les médias israéliens ont d’ailleurs rapidement fait circuler l’image choc d’une dizaine de corps inertes alignés dans des sacs en plastique, entourés de secouristes sur une piste de bitume.

Des embouteillages monstres sur les routes menant au nord du pays ont été signalés par la police qui avait déployé 5000 agents afin d’assurer la sécurité de cet événement.

Le Magen David Adom avait plus tôt état de cas de personnes s’étant évanouies en raison de la chaleur et d’autres brûlées légèrement par des feux de camp allumés rituellement chaque année.

En 2019, un an avant la pandémie qui avait forcé en 2020 l’annulation du pèlerinage, les organisateurs avaient estimé à 250 000 le nombre de pèlerins à s’être rendus sur place.

Depuis décembre, plus de cinq millions d’Israéliens (53 % de la population) ont reçu les deux doses du vaccin, soit environ 80 % de la population âgée de plus de 20 ans selon les données officielles du pays, qui a enregistré quelque 838 000 cas de Covid-19 et plus de 6300 décès.

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