Israël va vacciner les Palestiniens avec un permis de travail israélien

Les Palestiniens n’ont reçu qu’un peu plus de 30 000 doses de vaccins.
Photo: Ahmad Gharabli Agence France-Presse Les Palestiniens n’ont reçu qu’un peu plus de 30 000 doses de vaccins.

Israël va vacciner des dizaines de milliers de Palestiniens ayant un permis pour travailler en territoire israélien ou dans les colonies en Cisjordanie occupée, ont confirmé dimanche les autorités israéliennes. L’Autorité palestinienne avait annoncé le 19 février dernier un accord avec Israël pour vacciner contre la COVID-19 quelque 100 000 Palestiniens travaillant en territoire israélien, où est menée une vaste et rapide campagne de vaccination.

Cette campagne de vaccination, menée notamment par le Cogat et le ministère israélien de la Santé, débutera dans les « prochains jours » à des points d’entrée de la Cisjordanie occupée vers Israël et dans des « zones industrielles » des colonies israéliennes, a ajouté le Cogat, précisant que les travailleurs palestiniens allaient recevoir des doses du vaccin Moderna.

Des ONG et des responsables palestiniens avaient affirmé ces dernières semaines qu’Israël avait « l’obligation », à titre de puissance « occupante », de « fournir » des vaccins aux 2,8 millions de Palestiniens de Cisjordanie et aux 2 millions de Gaza.

Parallèlement, des juifs ultra-orthodoxes ont attaqué dimanche à coups de pierres des policiers israéliens pendant la fête religieuse de Pourim, ravivant les tensions autour du respect des mesures sanitaires pour lutter contre le coronavirus. La fête de Pourim est traditionnellement l’occasion de défilés carnavalesques, de soirées costumées et de grands rassemblements populaires. Craignant une hausse des contaminations, Israël, qui a entamé la sortie progressive de son troisième confinement, a instauré un couvre-feu nocturne pendant la fête, de jeudi à dimanche. L’année dernière, les autorités avaient interdit les rassemblements lors de cette fête, alors que la pandémie n’en était qu’à ses débuts. Mais les restrictions n’avaient pas été suivies, provoquant une vague de contaminations dans les jours suivants.

Au Royaume-Uni aussi, la vaccination fait une avancée. Plus de 20 millions de personnes ont déjà reçu une première dose de vaccin contre le coronavirus, s’est réjoui dimanche le gouvernement, qui table sur la vaccination de masse pour sortir de la crise sanitaire étant donné que le pays s’inquiète de la détection sur son territoire d’un variant apparu à Manaus, au Brésil, considéré comme plus virulent. Le premier ministre, Boris Johnson, a demandé à toute personne appelée à recevoir le vaccin de l’accepter, car « chaque injection fait la différence dans notre bataille contre la COVID-19 ». Dans le cadre de la campagne de vaccination, lancée début décembre et l’une des plus avancées au monde, le gouvernement souhaite que tous les plus de 50 ans aient reçu une première dose de vaccin d’ici au 15 avril, puis tous les adultes fin juillet.

En France, le gouvernement français réfléchit à la mise en place d’un « pass sanitaire », qui ne sera pas un passeport « vaccinal », en vue de la réouverture des lieux culturels et des restaurants fermés par la pandémie de COVID-19, mais pourrait recenser les tests négatifs effectués par son titulaire, a indiqué dimanche le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune. « La vaccination ne peut pas être le sésame unique de réouverture des activités, sinon on crée une société à deux vitesses, très injuste », a-t-il déclaré dans l’émission Questions politiques de la radio France Inter, de France Télévisions et du quotidien Le Monde. Il a rappelé que, dans l’immédiat, l’accès aux vaccins anti-COVID-19 reste limité aux populations les plus à risque et que les jeunes notamment ne pourront pas se faire vacciner « avant l’été ».

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