Israël accélère la colonisation au dernier jour de la présidence de Trump

Manifestation contre la colonisation israélienne, le 15 janvier 2021 à Hébron, en Cisjordanie occupée
Photo: Hazem Bader Agence France-Presse Manifestation contre la colonisation israélienne, le 15 janvier 2021 à Hébron, en Cisjordanie occupée

Israël a lancé des appels d’offres pour plus de 2500 nouveaux logements dans ses colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à la veille de l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden, hostile à la poursuite de la colonisation israélienne, ont confirmé mercredi les autorités locales.

La semaine dernière, le premier ministre, Benjamin Nétanyahou, en campagne électorale pour les législatives du 23 mars, avait annoncé la construction de 780 nouveaux logements dans les colonies en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l’armée israélienne. Mardi, les autorités ont publié des appels d’offres pour la construction de 2572 autres unités, 2112 en Cisjordanie et 460 à Jérusalem-Est, partie orientale de la Ville sainte annexée par Israël, mais dont les Palestiniens espèrent faire la capitale d’un futur État, a indiqué mercredi l’Autorité israélienne des terres (ILA), confirmant des informations de l’ONG La Paix maintenant.

Le gouvernement de M. Nétanyahou tente « d’étendre le plus possible les colonies jusque dans les dernières minutes avant le changement de gouvernement à Washington », a déploré dans un communiqué l’organisation anticolonisation qui documente ce dossier. « Nétanyahou signale au futur président [Joe Biden] qu’il n’a même pas l’intention » de tenter de « résoudre le conflit avec les Palestiniens », poursuit La Paix maintenant.

Quelques heures avant la prestation de serment de Joe Biden mercredi, l’Autorité israélienne des terres a aussi annoncé les gagnants d’appels d’offres pour la construction de 1257 résidences à logements à GivatHamatos, un secteur inhabité de Jérusalem-Est, à côté du quartier palestinien de Beit Safafa. L’ONG israélienne Ir Amim avait déposé une requête contre ces appels d’offres qui avaient été suspendus. « Mais hier [mardi], la justice a annulé ce gel et le gouvernement s’est empressé d’annoncer les vainqueurs de l’appel d’offres avec le but de présenter la chose comme un fait accompli » avant la prestation de serment, a indiqué mercredi l’ONG.

Pour l’Autorité palestinienne, Israël entreprend « une course contre la montre pour éliminer ce qu’il reste d’une solution à deux États et met de plus en plus d’obstacles face à la nouvelle administration américaine », d’après Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président Mahmoud Abbas.

À Amman, le porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères, Dhaifallah Ali Al-Fayez, a condamné une « politique de colonisation » qui « n’est ni légitime ni légale ». « Elle viole le droit international et sape les fondements de la paix », a-t-il ajouté avant d’appeler à faire pression sur Israël dont les colonies en territoires occupés sont jugées illégales, notamment par l’ONU.

La France a « condamné » mercredi ces mesures et appelé les autorités israéliennes à ne pas les mettre en œuvre, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères. Paris « appelle les parties à éviter toute mesure unilatérale remettant en cause la solution des deux États [un État palestinien viable aux côtés d’Israël] fondée sur le droit international », a-t-il ajouté.

Depuis 2009, date du retour au pouvoir de M. Nétanyahou en Israël, la population dans les colonies a bondi de 50 % selon les données des autorités israéliennes, avec un essor marqué des mises en chantier et des appels d’offres pendant le mandat de son allié à Washington, Donald Trump.

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