Face à la COVID-19, le Liban craint un scénario catastrophe

Selon le ministre libanais de la Santé, Hassan, le taux de mortalité au Liban a atteint «un pic» de 1,2 % et ce chiffre ne doit pas être «pris à la légère».
Photo: Hussein Malla Associated Press Selon le ministre libanais de la Santé, Hassan, le taux de mortalité au Liban a atteint «un pic» de 1,2 % et ce chiffre ne doit pas être «pris à la légère».

Le Liban est confronté à un pic de propagation du nouveau coronavirus qui fait craindre un scénario dramatique « à l’européenne », a averti lundi le ministre de la Santé Hamad Hassan, appelant à saisir « la dernière chance » offerte par un reconfinement partiel.

Les pays d’Europe avaient été confrontés dès mars à des bilans dépassant chaque jour les milliers de nouveaux cas, avec parfois des centaines de décès, mais le Liban avait lui réussi dans un premier temps à juguler l’épidémie grâce à un confinement largement respecté.

Le nombre d’infections à la COVID-19 est toutefois reparti à la hausse dans ce petit pays du Proche-Orient avec le déconfinement estival, atteignant désormais un total de 44 482 cas, dont 406 décès.

« Le taux de contamination au Liban atteint chaque semaine les 120 cas pour 100 000 habitants, ce qui est considéré comme un pic nous rapprochant des scénarios européens », a averti lundi le ministre Hamad Hassan, cité par l’agence d’information officielle ANI. À titre de comparaison, le taux d’incidence à Paris dépasse les 250 cas pour 100 000 habitants, selon des statistiques officielles.

Selon M. Hassan, le taux de mortalité au Liban a atteint « un pic » de 1,2 % et ce chiffre ne doit pas être « pris à la légère ».

Le ministre a qualifié de « dernière chance » la décision de confiner depuis dimanche, et pendant une semaine, plus d’une centaine de villages et localités.

Les contaminations sont aussi reparties en flèche après l’explosion au port de Beyrouth le 4 août, quand des centaines de blessés se sont précipités dans des hôpitaux bondés, suivis par leurs proches en panique. Le gouvernement a démissionné après le drame, mais continue de gérer les affaires courantes.

Les autorités craignent que le secteur médical ne soit rapidement débordé par l’afflux de patients, d’autant que trois hôpitaux de Beyrouth ont été mis hors service par l’explosion.

« De nombreux hôpitaux ont atteint leur pleine capacité », a averti sur son compte Twitter le Dr Firass Abiad, à la tête de l’hôpital public Rafic Hariri, principal établissement mobilisé dans la lutte contre la COVID-19. « De nombreux patients ont été contraints de rester aux urgences ou de parcourir de longues distances pour trouver un lit en soins intensifs », a-t-il ajouté.

M. Hassan a appelé le secteur hospitalier privé à s’impliquer plus, indiquant que seuls 15 sur 130 établissements accueillent des patients atteints de la COVID-19, voyant là « un manquement » et une volonté « d’échapper à la responsabilité ».