Al-Azhar qualifie de «racistes» les propos de Macron

L’institution islamique sunnite Al-Azhar, basée au Caire, «rejette vivement les déclarations du président français, Emmanuel Macron», qu’il qualifie de «fausses accusations envers l’islam».
Photo: Mohamed el-Shahed Agence France-Presse L’institution islamique sunnite Al-Azhar, basée au Caire, «rejette vivement les déclarations du président français, Emmanuel Macron», qu’il qualifie de «fausses accusations envers l’islam».

L’institution islamique sunnite Al-Azhar a qualifié de « raciste » le discours du président français, Emmanuel Macron, contre le « séparatisme islamiste », dénonçant des « accusations » visant l’islam.

Dans un communiqué publié samedi soir, le Centre de recherches islamiques d’Al-Azhar basé au Caire « rejette vivement les déclarations du président français, Emmanuel Macron », qu’il qualifie de « fausses accusations envers l’islam ».

Selon l’institution, « de telles déclarations racistes sont de nature à enflammer les sentiments de 2 milliards » de musulmans dans le monde.

Elle dénonce « une confusion erronée entre la réalité des valeurs auxquelles appellent les religions, comme le rapprochement entre les êtres humains, et l’exploitation par certains [extrémistes] des textes de ces religions pour réaliser leurs objectifs néfastes ».

Le Centre appelle également à « cesser les attaques contre les religions » afin de ne pas consolider « le discours de la haine ».

M. Macron a présenté vendredi son plan d’action contre le « séparatisme islamiste » et son projet de « contre-société » à l’œuvre selon lui en France où la laïcité constitue une valeur cardinale et où l’islam est la deuxième religion.

Le « séparatisme islamiste » en France, a-t-il relevé, conduit à la « déscolarisation des enfants » et au « développement de pratiques sportives et culturelles » communautaristes, à « l’endoctrinement, [à] la négation de nos principes comme l’égalité homme / femme ».

Ce discours, attendu et plusieurs fois reporté, est intervenu dans un contexte sensible en France, après l’attentat au hachoir mené une semaine plus tôt à Paris par un jeune Pakistanais et pendant le procès de l’attaque du magazine satirique Charlie Hebdo, dont la rédaction avait été décimée en 2015 par un attentat djihadiste.

Le projet de loi contre les séparatismes doit être présenté le 9 décembre, avant d’être débattu en 2021 au Parlement.

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