Des Palestiniens manifestent contre les accords de normalisation avec Israël

Brandissant des drapeaux palestiniens, des manifestants portant pour la plupart des masques anticoronavirus se sont rassemblés dans les villes de Naplouse et Hébron.
Photo: Jaafar Ashtiyeh Agence France-Presse Brandissant des drapeaux palestiniens, des manifestants portant pour la plupart des masques anticoronavirus se sont rassemblés dans les villes de Naplouse et Hébron.

Des centaines de manifestants ont protesté mardi en Cisjordanie et à Gaza contre les accords que les Émirats arabes unis et Bahreïn doivent signer avec Israël pour une normalisation de leurs relations, dénoncée par les Palestiniens comme une « trahison » à leur cause.

Brandissant des drapeaux palestiniens, des manifestants portant pour la plupart des masques anticoronavirus se sont rassemblés dans les villes de Naplouse et Hébron, dans le nord et le sud de la Cisjordanie occupée, et dans la bande de Gaza, sous blocus israélien.

Ils étaient quelques centaines en fin d’après-midi à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne.

« Non à la normalisation avec l’occupant » israélien, « Les accords de la honte » ou encore « Trahison », pouvait-on lire sur des banderoles.

À Gaza, des manifestants ont piétiné et incendié des pancartes à l’effigie du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, du roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al-Khalifa et du prince héritier d’Abou Dhabi Mohammed ben Zayed al-Nahyane.

« Nous disons au régime bahreïni et aux Émirats que cette normalisation est une trahison totale de la cause palestinienne et des espoirs de la nation arabe », a affirmé Ahmad al-Medalal, un responsable du groupe armé Jihad islamique à Gaza.

« Le peuple palestinien est uni pour faire face à ce projet, qui ne vous apportera que des malheurs », a déclaré Abou Mujahed, porte-parole du comité de résistance palestinien dans l’enclave palestinienne.

La signature des accords de normalisation prévue ce mardi à Washington marque « un jour sombre » dans l’histoire du monde arabe, a déclaré lundi le premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

Par le passé, la résolution du conflit israélo-palestinien était considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël, qui occupe notamment les territoires palestiniens de la Cisjordanie et Jérusalem-Est depuis plus de 50 ans.

Mais ces dernières années, Israël et les États-Unis ont tenté de convaincre des acteurs du Golfe de renverser l’équation sur la base de leur crainte commune de l’Iran et de normaliser leurs relations avec l’État hébreu sans attendre une paix préalable israélo-palestinienne.

M. Nétanyahou, arrivé lundi dans la capitale américaine selon ses services, s’est félicité « d’accords de paix historiques » avec les Émirats et Bahreïn, pays avec lesquels Israël n’a jamais été en guerre, tout en estimant qu’ils pouvaient « mettre fin au conflit israélo-arabe ».

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