Bahreïn normalise ses relations avec Israël

La normalisation des relations entre Israël et les alliés des États-Unis au Moyen-Orient est un objectif clé de la stratégie régionale de M. Trump pour contenir l’Iran.
Photo: Andrew Caballero-Reynolds / Getty Images / Agence France-Presse La normalisation des relations entre Israël et les alliés des États-Unis au Moyen-Orient est un objectif clé de la stratégie régionale de M. Trump pour contenir l’Iran.

Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi la normalisation des relations entre Bahreïn et Israël, un mois après l’accord entre les Émirats arabes unis et l’État hébreu.

« C’est une journée véritablement historique ! » a lancé le locataire de la Maison-Blanche, qui engrange un succès diplomatique précieux à moins de huit semaines de l’élection où il briguera un second mandat de quatre ans. « Il se passe des choses au Moyen-Orient que personne n’aurait même pu envisager », a-t-il ajouté, tout sourire.

La normalisation des relations entre Israël et les alliés des États-Unis au Moyen-Orient, y compris les riches monarchies du Golfe, est un objectif clé de la stratégie régionale de M. Trump pour contenir l’Iran, ennemi intime de Washington et de l’État hébreu.

« Au fur et à mesure que d’autres pays normalisent leurs relations avec Israël, ce qui arrivera, nous en sommes convaincus, assez rapidement, la région deviendra plus stable, plus sûre et plus prospère », a poursuivi le président américain.

Au moment où le tweet présidentiel était envoyé, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, faisait la même annonce depuis Jérusalem.

« Citoyens d’Israël, je suis ému de vous informer que ce soir, nous parviendrons à un autre accord de paix avec un autre pays arabe, Bahreïn. Cet accord s’ajoute à la paix historique avec les Émirats arabes unis », a-t-il déclaré dans un communiqué en hébreu.

Bahreïn et Israël partagent la même hostilité à l’égard de Téhéran, que Manama accuse d’instrumentaliser la communauté chiite de Bahreïn contre la dynastie sunnite au pouvoir.

« Coup de poignard »

L’Autorité palestinienne et le mouvement islamiste Hamas ont pour leur part immédiatement fustigé cette annonce.

« L’accord entre Bahreïn et Israël est un coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne et du peuple palestinien », a déclaré à l’AFP Ahmad Majdalani, ministre des Affaires sociales de l’Autorité palestinienne.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a dénoncé une « agression » portant un « grave préjudice » à la cause palestinienne.

Depuis son arrivée au pouvoir, le milliardaire républicain s’est aliéné l’Autorité palestinienne en multipliant les décisions favorables à Israël, conscient de satisfaire ainsi l’importante frange chrétienne évangélique de son électorat.

Pour Khaled al-Khalifa, un conseiller du roi de Bahreïn, cet accord contribue à « la sécurité, à la stabilité et à la prospérité » de la région.

Cette initiative « envoie un message positif et encourageant au peuple d’Israël, qu’une paix juste et globale avec les Palestiniens est la meilleure voie », a-t-il ajouté dans un tweet.

Cet accord fera des Émirats et de Bahreïn les troisième et quatrième pays arabes à établir des liens diplomatiques avec l’État hébreu, après les traités de paix conclus avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994).

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