Vol abattu: l'Iran lancera des pourparlers d'indemnisation en octobre

Le 8 janvier dernier, un avion transportant 176 personnes s’est écrasé après avoir été touché par deux missiles iraniens.
Photo: Agence France-Presse Le 8 janvier dernier, un avion transportant 176 personnes s’est écrasé après avoir été touché par deux missiles iraniens.

Le gouvernement iranien lancera en octobre des pourparlers avec le Canada et d’autres pays qui ont perdu des citoyens lorsque l’armée iranienne a abattu un avion de ligne civil plus tôt cette année, a annoncé le chef de l’organisation de l’aviation civile du pays.

Touraj Dehqani Zangeneh a déclaré à l’agence de presse officielle iranienne que le gouvernement iranien était prêt à payer une indemnisation complète aux familles des 176 personnes tuées dans l’accident, dont 55 Canadiens et 30 résidents permanents.

Le 8 janvier, un avion de la compagnie Ukraine International Airlines a été abattu peu de temps après son décollage de l’aéroport de Téhéran. L’Iran a d’abord nié sa responsabilité dans la tragédie avant d’admettre quelques jours plus tard — face aux preuves croissantes et à la pression internationale — que l’appareil s’est écrasé après avoir été touché par deux missiles iraniens.

M. Zangeneh a aussi dit que les données téléchargées à partir des enregistreurs de vol de l’avion montraient que les pilotes étaient toujours vivants après que l’avion a été touché par le premier des deux missiles.

L’enregistreur vocal de la cabine de pilotage a capturé une conversation entre le pilote, le copilote et un instructeur « jusqu’à 19 secondes après que le premier missile a touché l’avion », a indiqué le chef de l’aviation civile, cité par l’agence de presse étatique Iribnews.

« L’instructeur indique que l’avion a un problème électronique et que l’alimentation auxiliaire a été activée », a-t-il ajouté, faisant part pour la première fois des données des boîtes noires extraites par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) à Paris.

« Les pilotes ont été informés que les deux moteurs de l’avion étaient allumés », a précisé M. Dehghani Zanganaeh.

Les boîtes noires ont cessé de fonctionner 19 secondes après la première frappe. « L’analyse des conséquences du deuxième missile ne peut pas être obtenue à partir des boîtes noires », a affirmé M. Dehghani Zanganaeh.

Dans un communiqué, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a confirmé dimanche que le résumé iranien est conforme à ce qu’ont pu constater les enquêteurs canadiens qui ont assisté au téléchargement des données en France. La présidente du BST, Kathy Fox, a toutefois souligné que « l’enquête est loin d’être terminée, car bon nombre de questions clés restent sans réponse ».

L’organisme canadien continue de réclamer une « enquête minutieuse, transparente et crédible », qui répondra notamment à des questions sur les décisions prises dans la chronologie des événements ayant mené au lancement des missiles et sur le maintien des activités de transporteurs aériens dans la région touchée par le conflit.

Après des passes d’armes diplomatiques entre le Canada et l’Ukraine, qui réclamaient que les boîtes noires soient envoyées à l’étranger pour analyse, le BEA français a indiqué fin juin que l’Iran lui avait officiellement demandé son assistance technique pour réparer et télécharger les données qu’elles contenaient.

Le jour de l’accident, les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte maximale par crainte d’une attaque américaine.

L’Iran s’attendait à une réplique de Washington après avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine en Irak en riposte à l’élimination, dans une frappe américaine à Bagdad, du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l’Iran.

L’Iran a laissé entendre que l’avion avait été abattu par accident après qu’une batterie antiaérienne située près de l’aéroport de Téhéran eut été pointée dans la mauvaise direction, mais les familles de certaines des victimes souhaitent une enquête indépendante sur les circonstances du drame.

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