La « fête du sacrifice » s’est tenue malgré la pandémie

Les musulmans du monde entier ont dû célébrer l'Aïd al-Adha en respectant la distanciation sociale. Sur la photo, des fidèles prient à Bandung, en Indonésie.
Photo: Timur Matahari Agence France-Presse Les musulmans du monde entier ont dû célébrer l'Aïd al-Adha en respectant la distanciation sociale. Sur la photo, des fidèles prient à Bandung, en Indonésie.

Les musulmans du monde entier célébraient hier, l’Aïd el-Adha (fête du sacrifice), l’une des plus importantes fêtes du calendrier musulman. Les festivités se sont faites à l’ombre de la pandémie, au Québec comme partout ailleurs. D’un pays à l’autre, les fidèles ont cependant pu profiter de l’assouplissement des mesures sanitaires, chacun à sa façon.

Plusieurs centaines de musulmans québécois ont pu se réunir dans leurs mosquées de quartier puisque les rassemblements intérieurs de 50 personnes sont permis depuis le 22 juin. « On a organisé plusieurs services de prières pour permettre à un plus grand nombre de fidèles d’assister à la prière de l’Aïd », explique Foudil Selmoune, l’imam du Centre islamique de Brossard, — le plus grand au Québec — habitué à recevoir entre 2000 et 3000 fidèles. C’était le cas de plusieurs autres mosquées à Montréal, où jusqu’à cinq services de prières ont été organisés.

Notons qu’à compter du 3 août, les rassemblements de 250 personnes seront permis dans les lieux intérieurs.

France

Plusieurs milliers de fidèles en région parisienne ont célébré la grande fête musulmane dont la configuration a dû s’adapter au contexte sanitaire inédit. Que les tapis de prière se soient alignés sur le gazon synthétique d’un centre sportif ou à l’intérieur d’une mosquée, il incombait aux pratiquants de respecter la distanciation physique. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait appelé à la plus grande prudence, alors que les autorités sanitaires constatent une « nette augmentation » de la circulation de la COVID-19.

Turquie

En Turquie, des milliers de musulmans ont pris part vendredi à la première prière de l’Aïd el-Adha dans l’ex-basilique Sainte-Sophie à Istanbul, depuis sa conversion en mosquée le 10 juillet dernier. Une foule de fidèles s’était formée au petit matin, mais en raison de la pandémie, le nombre de musulmans autorisés à prier à l’intérieur était limité à quelques centaines. De nombreux fidèles se sont alors prosternés sur le parvis de l’édifice.

Algérie

En Algérie, des marchés informels à bestiaux ont fleuri à l’approche de la fête du sacrifice, en dépit de sévères restrictions au commerce de bétail. L’annulation du « sacrifice du mouton » a été évoquée dans ce pays ayant enregistré un dernier bilan officiel de 29 831 cas de contaminations, avec 602 cas supplémentaires, jeudi. Le ministère des Affaires religieuses a cependant tranché en faveur d’un maintien, avec moult précautions. Les importants marchés aux bestiaux dans les régions agricoles ont été remplacés par de petits points de vente et la vente en milieu urbain par l’aménagement provisoire de marchés en périphéries, au grand soulagement de nombreux éleveurs.

Irak

Le jour de l’Aïd el-Adha, les Irakiens vont traditionnellement visiter leurs morts au cimetière avant d’aller au parc d’attractions avec les enfants. Mais cette année, pandémie oblige, les tombes et grandes roues sont interdites d’accès à tous. Personne n’a le coeur à la fête alors que le virus de la COVID-19 a emporté près de 4700 personnes et en a contaminé plus de 115 000. Au bilan s’ajoute l’aggravation de la crise économique née de la chute du pétrole, unique source de devise de l’Irak. S’il est de coutume pour les enfants de recevoir des cadeaux, la précarité économique ne le permettra pas cette année. Les festivités virtuelles seront alors de mise au pays.

Afghanistan

Un cessez-le-feu de trois jours entre le gouvernement afghan et les talibans a débuté vendredi, à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Adha. Cette trêve, la troisième en près de 19 ans de guerre, est un rare moment de répit qui, beaucoup l’espèrent, pourrait mener à des pourparlers de paix historiques entre les deux camps. Des centaines d’Afghans se sont rendus à la mosquée vendredi matin, dans la capitale, où certains ont été contrôlés par des gardes pour limiter les risques d’attentat. Quelques heures avant la trêve, 17 personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée.

Arabie saoudite

Les fidèles ont entamé vendredi le rituel de lapidation de Satan, l’un des derniers du grand pèlerinage, radicalement réduit pour éviter toute propagation du coronavirus. Le roi Salmane a adressé à l’occasion de l’Aïd el-Adha, qui marque la fin du pèlerinage, ses vœux aux musulmans, soulignant que les autorités saoudiennes avaient redoublé d’efforts pour protéger les fidèles. Le royaume enregistre plus 274 000 cas, dont plus de 2888 décès, l’un des taux les plus élevés dans le monde arabe.

Avec l’Agence France-Presse

À voir en vidéo