Le projet israélien d’annexion de la Cisjordanie est «illégal», selon Bachelet

«L’annexion est illégale. Point final», a affirmé Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, dans une déclaration écrite. «Toute annexion. Qu’il s’agisse de 30% de la Cisjordanie ou de 5%».
Photo: Martial Trezzeni Pool via Agence France-Presse «L’annexion est illégale. Point final», a affirmé Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, dans une déclaration écrite. «Toute annexion. Qu’il s’agisse de 30% de la Cisjordanie ou de 5%».

La haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé lundi l’illégalité du projet israélien d’annexion de la Cisjordanie, avertissant que ses « ondes de choc dureront des décennies ».

« L’annexion est illégale. Point final », a affirmé Michelle Bachelet dans une déclaration écrite. « Toute annexion. Qu’il s’agisse de 30 % de la Cisjordanie ou de 5 %. »

« Je demande instamment à Israël d’écouter ses propres anciens hauts fonctionnaires et généraux, ainsi que les nombreuses voix dans le monde, l’avertissant de ne pas poursuivre sur cette voie dangereuse », a-t-elle ajouté.

Relevant que « les ondes de choc de l’annexion dureront des décennies et seront extrêmement préjudiciables à Israël, ainsi qu’aux Palestiniens », la haute responsable onusienne souligne qu’il est encore temps de revenir sur cette décision.

Je demande instamment à Israël d’écouter ses propres anciens hauts fonctionnaires et généraux, ainsi que les nombreuses voix dans le monde, l’avertissant de ne pas poursuivre sur cette voie dangereuse

L’État hébreu a fixé au 1er juillet la date à laquelle il doit se prononcer sur la mise en œuvre du plan américain pour le Proche-Orient.

Conséquences désastreuses

Le 28 janvier, le président Donald Trump, avec à ses côtés le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a dévoilé son projet de résolution du conflit israélo-palestinienen partant de la situation sur le terrain et non, comme c’était le cas jusqu’à présent, du droit international et des résolutions de l’ONU.

Ce plan prévoit la création d’un État palestinien sur un territoire restreint et morcelé et l’annexion par Israël de colonies et de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée.

« Les conséquences précises de l’annexion ne peuvent être prédites, mais elles risquent d’être désastreuses pour les Palestiniens, pour Israël et pour l’ensemble de la région », a indiqué Mme Bachelet, soulignant que le secrétaire général de l’ONU avait appelé le gouvernement israélien à abandonner ses projets.

Cette annexion « nuira gravement à la perspective d’une solution à deux États, réduira les possibilités de reprise des négociations, et perpétuera les graves violations des droits de la personne et du droit humanitaire international dont nous sommes témoins aujourd’hui », a-t-elle poursuivi.

Le texte souligne que, s’il y a annexion, « les colonies — déjà une violation évidente du droit international — vont presque certainement s’étendre, augmentant les frictions existantes entre les deux communautés ».

Il note aussi que les Palestiniens seront soumis à une plus forte pression pour sortir de la zone annexée, et que des communautés entières seront exposées à un risque élevé de transfert forcé. Quant aux Palestiniens vivant en dehors de la zone annexée, ils risquent selon l’ONU d’être privés d’accès à leurs ressources naturelles.

Le Haut-Commissariat souligne que les restrictions du droit à la liberté de mouvement augmenteront aussi fortement à mesure que les « centres de population palestinienne deviendront des » enclaves.

L’ONU craint aussi que l’accès humanitaire puisse être entravé et s’inquiète des difficultés d’accès des Palestiniens aux terres agricoles et aux services, comme l’éducation et la santé.

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