Israël ne quittera pas la Syrie avant que l’Iran ne fasse de même

Depuis le 21 avril, l’Observatoire syrien des droits de l’homme et des médias d’État syriens ont fait état d’au moins six frappes imputées à Israël contre des positions iraniennes ou de groupes proches de l’Iran, y compris le Hezbollah libanais, en Syrie.
Photo: Agence SANA via Agence France-Presse Depuis le 21 avril, l’Observatoire syrien des droits de l’homme et des médias d’État syriens ont fait état d’au moins six frappes imputées à Israël contre des positions iraniennes ou de groupes proches de l’Iran, y compris le Hezbollah libanais, en Syrie.

Israël poursuivra ses opérations militaires en Syrie tant que l’Iran ne se retirera pas de ce pays, a averti mardi le ministre de la Défense Naftali Bennett évoquant un « Vietnam » pour Téhéran, après une série de frappes imputées à l’armée israélienne en territoire syrien.

« L’Iran n’a rien à faire en Syrie […] et nous n’arrêterons pas tant qu’ils [les Iraniens] n’auront pas quitté la Syrie », a-t-il déclaré lors d’une interview à la chaîne Kan 11, sans toutefois revendiquer explicitement les raids que plusieurs médias d’État syriens et ONG ont attribués à l’aviation israélienne.

Lundi soir, quatorze combattants iraniens et irakiens ont été tués dans des raids nocturnes en Syrie, pays en guerre et voisin d’Israël, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) en affirmant que les frappes avaient été menées « probablement » par Israël.

Depuis le 21 avril, cette ONG et des médias d’État syriens ont fait état d’au moins six frappes imputées à Israël contre des positions iraniennes ou de groupes proches de l’Iran, y compris le Hezbollah libanais, en Syrie.

L’Iran et le Hezbollah, bêtes noires d’Israël, aident militairement le régime syrien de Bachar al-Assad dans sa guerre contre les rebelles et les djihadistes.

L’Iran est « entré » en Syrie dans le cadre de la guerre dans ce pays et cherche à « s’implanter » à la frontière israélienne afin de « menacer » des villes comme « Tel-Aviv, Jérusalem et Haïfa », a ajouté M. Bennett.

« L’Iran est devenu un fardeau. C’était auparavant un actif pour les Syriens, ils [les Iraniens] ont aidé Assad contre Daech (un acronyme en arabe du groupe djihadiste État islamique), mais ils sont devenus un fardeau », a martelé le ministre israélien, appelant le pouvoir iranien à faire face à la crise du nouveau coronavirus plutôt qu’à poursuivre son « aventure terroriste ».

Chef de la formation de la droite radicale Yamina, Naftali Bennett avait été nommé ministre de la Défense à l’automne 2019 mais il pourrait perdre ce titre dans les prochains jours.

À la faveur d’un accord pour un gouvernement d’union et d’urgence face à la pandémie, le premier ministre Benyamin Nétanyahou et son ex-rival électoral Benny Gantz ont conclu un accord sur le partage du pouvoir pendant les trois prochaines années.

Or Benny Gantz, un ancien chef d’état-major, a déjà indiqué qu’il serait ministre de la Défense pendant les 18 premiers mois du futur gouvernement, avant de remplacer Benyamin Nétanyahou à la tête du gouvernement.

Naftali Bennett dit, lui, craindre de voir les forces pro-iraniennes s’enraciner dans le sud de la Syrie, notamment dans le Golan, à la frontière israélienne. Une partie du Golan syrien est occupée par Israël.

« Dans un an, nous risquons de nous réveiller avec 10 000, 20 000 missiles nous menaçant. Pour eux [l’Iran], ce sera une aventure, ils seront à 1000 km de chez eux… mais ce sera aussi leur Vietnam d’une certaine manière », a-t-il dit.