Les États-Unis menacent les milices pro-Iran en Irak

Le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper
Photo: Susan Walsh Associated Press Le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper

Washington a menacé jeudi les milices pro-iraniennes de mesures de rétorsion après la mort de deux militaires américains dans une attaque à la roquette sur une base de la coalition internationale en Irak.

« Toutes les options sont sur la table alors que nous coopérons avec nos partenaires pour punir les coupables », a déclaré jeudi le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper, en attribuant l’attaque de mercredi à « des groupes armés chiites pro-iraniens » qu’il n’a pas nommés.

M. Esper a précisé qu’il avait parlé mercredi soir de possibles mesures de rétorsion avec le président Donald Trump, qui lui a donné toute autorité pour « faire ce qu’il y a à faire ».

De son côté, le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, a précisé qu’une trentaine de roquettes avaient été tirées mercredi en début de soirée sur la grande base de Taji, dans la banlieue de Bagdad, 18 atteignant la base.

Deux militaires américains et un militaire britannique ont été tués dans cette attaque qui a également fait 14 blessés américains, britanniques, polonais et autres, dont 5 sont dans un état grave, a-t-il précisé.

L’attaque contre la base en Irak, comme 21 autres contre des intérêts américains dans ce pays depuis la fin d’octobre, n’a pas non plus été revendiquée.

Washington attribue toutefois généralement ce type d’attaques aux factions irakiennes pro-Iran qui, elles, promettent régulièrement de « venger » leur chef, assassiné en janvier à Bagdad par Washington aux côtés du général iranien Qassem Soleimani.

Jeudi, les brigades du Hezbollah, l’une des factions pro-Iran les plus radicales d’Irak, ont salué « ceux qui ont mené cette opération contre les forces d’occupation américaines », sans toutefois la revendiquer.

Questionné jeudi au Congrès, le général Kenneth McKenzie, chef du commandement militaire américain central, qui couvre notamment l’Irak et la Syrie, a rappelé que les États-Unis avaient envoyé plus de 10 000 militaires dans la région en renfort après la mort du général Soleimani.

Et ces renforts seront nécessaires tant que le gouvernement du président Trump appliquera sa politique de « pression maximum » sur l’Iran, combinant isolement diplomatique et sanctions économiques, a-t-il prévenu.

Quelques heures après cette attaque à la roquette en Irak, « dix explosions » ont secoué une zone au sud de la ville syrienne de Boukamal, frontalière de l’Irak, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Au moins « 26 combattants irakiens » du Hachd al-Chaabi, paramilitaires irakiens pro-Iran désormais intégrés à l’État irakien, ont été tués, selon la même source.

Le chef de cette milice, Abou Mehdi al-Mouhandis, avait été tué en même temps que le puissant général iranien Qassem Soleimani par une frappe de drone américaine début janvier à Bagdad.

Cette fois, cependant, un porte-parole de la coalition antidjihadiste, menée par Washington, a affirmé que ni la coalition ni l’aviation américaine n’avait mené de raid mercredi soir contre les combattants pro-iraniens à la frontière syro-irakienne.

Le commandement militaire irakien chapeauté par le premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a dénoncé l’attaque contre la coalition, qui constitue « un défi sécuritaire très dangereux ». Le président, Barham Saleh, et le chef du Parlement, Mohammed al-Halboussi, ont également condamné l’attaque.

De son côté, la mission de l’ONU en Irak a appelé à « la retenue maximale », estimant que « le risque d’actes voyous de groupes armés est une inquiétude permanente » en Irak, qui « n’a vraiment pas besoin de devenir une arène pour les vendettas et les batailles venues d’ailleurs ».