Les conservateurs sortent favoris des législatives en Iran

Des bureaux de vote mobiles parcouraient Téhéran vendredi.
Photo: Atta Kenare Agence France-Presse Des bureaux de vote mobiles parcouraient Téhéran vendredi.

L’Iran a voté vendredi pour élire ses députés lors d’un scrutin marqué par un faible empressement des électeurs et qui devrait consacrer le renforcement des conservateurs après la disqualification massive de candidats réformateurs et modérés.

Le scrutin a été officiellement clos à minuit après pas moins de cinq prolongations successives afin de permettre à un maximum d’électeurs d’accomplir ce que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié avant l’élection de devoir non pas seulement civique, mais aussi « religieux ».

Après avoir ouvert symboliquement le scrutin, M. Khamenei avait renouvelé le matin son appel aux quelque 58 millions d’électeurs à voter « avec enthousiasme » afin de « garantir l’intérêt national ».

Selon l’agence Fars, proche des ultraconservateurs, la participation se situait autour de 40 % à 18 h, l’heure à laquelle les bureaux de vote auraient dû fermer initialement.

Le taux de participation final officiel ne devrait être annoncé que samedi, et les résultats définitifs ne devraient pas être connus avant dimanche.

Les autorités ont annoncé que les écoles seraient fermées samedi dans des dizaines de grandes villes pour permettre les opérations de dépouillement.

Depuis 40 ans, la participation aux législatives a toujours été supérieure à 50 %, selon le ministère de l’Intérieur.

À Téhéran, de longues queues ont été observées le matin devant des bureaux des quartiers sud, acquis aux conservateurs, contrastant avec le nord de la ville (qui a voté majoritairement Hassan Rohani lors de la présidentielle de 2013 et de celle de 2017), où l’engouement était nettement moindre.

À Téhéran, Bahador Marzpour, étudiant qui n’a pas été voter, dit à l’AFP qu’il n’y a « pas d’emplois pour les jeunes » et reproche aux politiciens de « faire des promesses qu’ils ne tiennent pas ».

Mais dans un bureau de vote du nord de la capitale, Mohsen Jallali, employé de 37 ans, assure que sa participation permet de « montrer à l’Amérique que nous soutenons pleinement » l’ayatollah Khamenei.

La disqualification de milliers de candidats réformateurs et modérés réduit pratiquement le scrutin à un affrontement entre conservateurs et ultraconservateurs.

En fonction des résultats, la plus ou moins grande représentation des ultras dans la future Assemblée déterminera la marge de manoeuvre qui restera au président Rohani jusqu’à la fin de son mandat en 2021, et pourrait influer sur la poursuite de sa politique extérieure d’ouverture.

Car les ultraconservateurs sont opposés à toute négociation avec l’Occident et sont impatients de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien.

Les 290 députés de la onzième législature à sortir des urnes depuis la révolution islamique de 1979 commenceront leur travail au moment où l’Iran traverse une violente récession et dans un contexte de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington.