Israël veut construire une colonie à Jérusalem-Est

Un drapeau israélien au-dessus d’un quartier de Jérusalem-Est
Photo: Ahmad Gharabli Agence France-Presse Un drapeau israélien au-dessus d’un quartier de Jérusalem-Est

Israël envisage la construction d’une colonie composée de 9000 logements à Jérusalem-Est, qui deviendrait la première nouvelle implantation israélienne dans le secteur palestinien de la ville depuis plus de 20 ans, a indiqué mardi l’ONG La paix maintenant.

Les autorités israéliennes ont donné lundi leur feu vert à l’extension controversée de la ligne ferroviaire Tel-Aviv / Jérusalem jusqu’au mur des Lamentations, dans la partie orientale de Jérusalem, un projet dénoncé par des associations et la Jordanie voisine.

Pour ce qui est des unités d’habitation, le ministère israélien du Logement a déposé à la mairie de Jérusalem un projet de construction d’une colonie de 9000 logements à Jérusalem-Est, selon l’organisation La paix maintenant qui suit de près le dossier sensible des colonies.

Le projet a été déposé la semaine dernière à la mairie, mais n’a fait l’objet d’aucune communication jusqu’à présent de la part des autorités israéliennes.

Selon ce projet, la colonie devrait s’étendre sur le site de l’ancien aéroport d’Atarot, situé à proximité des secteurs palestiniens de Qalandiya et d’Al-Ram, au nord de Jérusalem.

Le projet doit encore être approuvé par les autorités et cela pourrait prendre « des années », a toutefois précisé à l’AFP Brian Reeves, un responsable de cette ONG.

« Si le projet est approuvé et [les logements] construits, cela marquera l’établissement d’une nouvelle colonie à Jérusalem-Est, pour la première fois depuis que le gouvernement Nétanyahou a établi Har Homa en 1997 », estime La paix maintenant.

Aujourd’hui, plus de 600 000 personnes habitent dans les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La colonisation de ces territoires, occupés depuis 1967 par Israël, s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de Benjamin Nétanyahou et de son allié à Washington, le président Donald Trump.

Ce dernier a présenté fin janvier son plan pour le Proche-Orient qui prévoit notamment de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » de l’État d’Israël et de créer une capitale d’un État palestinien à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem.

Les Palestiniens veulent faire de l’ensemble de Jérusalem-Est leur capitale et rejettent le projet américain, jugé « historique » par Israël.

Dans ce contexte, « la colonie [à Atarot] est destinée […] à devenir une enclave israélienne qui empêchera le développement de la métropole d’un futur État palestinien », car faisant obstacle à la « continuité du territoire palestinien » entre Ramallah, Jérusalem et Bethléem, estime La paix maintenant.

Le projet soumis à la mairie de Jérusalem « comprend aussi la démolition de dizaines de logements de Palestiniens construits sans permis pendant des années », souligne l’organisation.