Le groupe EI confirme la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi

L'ancien chef du groupe EI, Abou Bakr al-Baghdadi
Photo: Agence France-Presse / Al-Furqan Media L'ancien chef du groupe EI, Abou Bakr al-Baghdadi

Le groupe armé État islamique (EI) a confirmé jeudi la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, cinq jours après l’annonce de son décès par Donald Trump dans une opération américaine en Syrie, et nommé son successeur en menaçant les États-Unis de représailles.

« Ô musulmans, ô moudjahidines, soldats de l’EI […], nous pleurons le commandeur des croyants Abou Bakr al-Baghdadi », déclare Abou Hamza al-Qourachi, présenté comme le nouveau porte-parole de l’organisation extrémiste, dans un message audio posté sur l’application Telegram.

Le groupe djihadiste a également confirmé la mort, dans un autre raid, de son ancien porte-parole, Abou al-Hassan al-Mouhajir, bras droit d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Le groupe EI a ajouté que le « Majlis al-choura [l’assemblée consultative en arabe] » avait prêté allégeance à Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi en tant que « commandeur des croyants » et nouveau « calife des musulmans ».

Ce nom avait rarement été mentionné parmi les potentiels successeurs de Baghdadi, dont la mort a été rapportée à de multiples reprises ces dernières années.

Juge du groupe EI

« Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu’il est le principal juge du groupe EI et qu’il dirige l’Autorité de la charia [loi islamique] », a indiqué Hicham al-Hachemi, un expert irakien du groupe armé.

C’est le président américain, Donald Trump, qui avait annoncé dimanche, depuis la Maison-Blanche, la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d’attentats sanglants.

Dans son enregistrement audio d’une durée de sept minutes, le nouveau porte-parole de l’organisation djihadiste a appelé à venger cette mort, en menaçant spécifiquement les États-Unis de représailles et en qualifiant son président de « vieil homme insensé ».

« Ne te réjouis pas, Amérique […], est-il dit. Il est venu, celui qui te fera oublier les horreurs » d’Abou Bakr al-Baghdadi et « les coupes amères […] dont le goût te paraîtra doux », a ajouté l’organisation en référence à son nouveau chef.

Depuis qu’il s’était autoproclamé, en 2014, « calife » d’un territoire qui a compté jusqu’à sept millions d’habitants, à cheval entre l’Irak et la Syrie, Abou Bakr al-Baghdadi était devenu l’homme le plus recherché au monde.

« On s’attend à tout »

Son successeur hérite d’un mouvement djihadiste qui a dû, après la chute de son « califat » en mars et d’autres défaites militaires, se dissoudre en une multitude de cellules clandestines en Syrie et en Irak, avec des communications difficiles dans des pays en plein chaos.

Le nouveau chef djihadiste pourrait être amené à commander quelque 14 000 combattants dispersés en Syrie et en Irak et à se rapprocher du chef actuel d’al-Qaïda, l’Égyptien Ayman al-Zawahiri, a affirmé mercredi Russ Travers, directeur par intérim du National Counterterrorism Center, l’organisme qui supervise la lutte antiterroriste aux États-Unis.

Dans le message audio diffusé jeudi, le porte-parole du groupe EI a par ailleurs fait référence à l’appel de l’ex-chef du groupe djihadiste en faveur de la libération des détenus du groupe dans des prisons et des camps contrôlés par les forces kurdes.

Celles-ci affirment détenir environ 12 000 djihadistes présumés du groupe État islamique, dont plus de 2000 étrangers en provenance de plus de 50 pays.

Les forces kurdes en Syrie, partenaires de Washington durant les années de lutte contre cette formation djihadiste, ont dit craindre des représailles du groupe après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi.

« On s’attend à tout, y compris à des attaques contre les prisons », a déclaré Mazloum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), en référence aux centres tenus par les Kurdes qui abritent des milliers de djihadistes.

Le corps du chef du groupe État islamique a été immergé en mer, selon un responsable du Pentagone, une décision visant à éviter qu’une éventuelle tombe ne devienne un lieu de pèlerinage.