Mike Pompeo en Arabie saoudite pour décider de la réponse aux attaques

Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdel Aziz ben Salmane (à droite), a assuré mardi à Djeddah que la production pétrolière de son pays sera rétablie fin septembre.
Photo: Agence France-Presse Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdel Aziz ben Salmane (à droite), a assuré mardi à Djeddah que la production pétrolière de son pays sera rétablie fin septembre.

Donald Trump a dépêché mardi son ministre des Affaires étrangères, Mike Pompeo, à Djeddah pour discuter de la réponse à donner aux attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, les États-Unis étant convaincus qu’elles ont été lancées depuis l’Iran avec des missiles de croisière.

M. Pompeo rencontrera mercredi le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, afin de « coordonner les efforts pour contrer l’agression iranienne dans la région », a fait savoir le département d’État.

« Je vous le promets : nous sommes prêts », a lancé le vice-président, Mike Pence, dans un discours à Washington. « Nous sommes prêts à riposter et nous sommes prêts à défendre nos intérêts et nos alliés dans la région. »

Les États-Unis ont la certitude que les attaques contre deux importants sites pétroliers dans l’est de l’Arabie saoudite ont été menées depuis le sol iranien et que des missiles de croisière ont été utilisés, a indiqué mardi à l’AFP un responsable américain.

Bien que l’attaque ait été revendiquée par les rebelles pro-iraniens houthis qui tirent, depuis le Yémen, régulièrement des missiles balistiques sur des cibles dans le sud de l’Arabie saoudite, avec une précision toute relative, les services de renseignement américains disposent d’éléments qui permettent de localiser l’origine des tirs, a précisé ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Jusqu’ici, Donald Trump s’est montré moins catégorique, affirmant lundi attendre d’en avoir la certitude et vouloir se concerter avec Riyad sur toute éventuelle riposte.

L’Arabie saoudite avait affirmé que les armes utilisées étaient de fabrication iranienne, mais le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdel Aziz ben Salmane, a déclaré mardi que son pays « ne savait pas qui est derrière » ces attaques.

Les États-Unis « sont dans le déni » de la réalité, a de nouveau affirmé mardi sur Twitter le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif.

Alors que dimanche la Maison-Blanche avait indiqué que M. Trump n’écartait pas l’hypothèse d’une rencontre avec le président iranien, Hassan Rohani, lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le président américain a paru mardi exclure une telle rencontre.

« Je n’exclus jamais rien, mais je préfère ne pas le rencontrer », a-t-il dit.

Téhéran avait exclu un peu plus tôt toute négociation avec les États-Unis à l’ONU. « Si les États-Unis […] se repentent de s’être retirés » en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien et décident d’y revenir, « alors ils pourront participer aux discussions entre l’Iran et les autres membres » parties à cet accord, a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien.

Nous sommes prêts à riposter et nous sommes prêts à défendre nos intérêts et nos alliés dans la région

Les attaques ont réveillé la crainte d’un affrontement militaire avec l’Iran, alors que Washington et Téhéran ont frôlé l’affrontement militaire direct en juin.

Production de pétrole

Mardi, le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdel Aziz ben Salmane, a assuré que la production pétrolière de son pays sera rétablie fin septembre.

« […] L’approvisionnement en pétrole des marchés internationaux est revenu à son niveau datant d’avant les attaques, a déclaré le ministre. Au cours des deux derniers jours, nous avons récupéré la moitié de la production perdue. »

Avant les attaques, l’Arabie saoudite pompait 9,9 millions de barils par jour, parmi lesquels 7 millions étaient exportés, principalement vers des pays asiatiques. L’attaque a réduit la production saoudienne de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6 % des approvisionnements mondiaux.

Après leur flambée record de la veille, les prix du pétrole ont chuté mardi. Le baril de WTI pour livraison en octobre, la référence américaine du brut, a reculé de 3,56 $US pour finir à 59,34 $US, tandis que le baril de Brent londonien pour livraison en novembre baissait, à quelques minutes de sa propre clôture, de 6,14 %, à 64,78 $US.