Le régime reprend ses raids en Syrie

Cette vue aérienne, prise le 5 août dernier, montre des bâtiments endommagés et détruits dans la ville de Maaret Hurmah, dans la campagne du sud de la province d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie.
Photo: Omar Haj Kadour Agence France-Presse Cette vue aérienne, prise le 5 août dernier, montre des bâtiments endommagés et détruits dans la ville de Maaret Hurmah, dans la campagne du sud de la province d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie.

Après seulement quatre jours de trêve, le régime syrien a repris lundi ses frappes contre la région d’Idleb, dominée par les djihadistes, après avoir fait état de victimes dans la chute d’obus près d’une base de son allié russe dans l’ouest du pays.

La majeure partie de la province d’Idleb (nord-ouest) et des zones des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié sont dominées par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’al-Qaïda) et échappent toujours au contrôle du régime de Bachar al-Assad, huit ans après le début de la guerre.

Jeudi soir, Damas avait annoncé une trêve dans cette région après plus de trois mois de bombardements quasi quotidiens menés avec son allié russe, qui ont tué plus de 790 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), et déplacé plus de 400 000 personnes, d’après l’ONU.

Les groupes terroristes soutenus par la Turquie ont refusé de respecter le cessez-le-feu et ont mené plusieurs attaques contre les civils

L’OSDH a indiqué lundi que les aviations syrienne et russe avaient repris leurs raids sur plusieurs villes de la région, dont Khan Cheikhoun dans le sud d’Idleb et Latamné dans le nord de Hama.

Peu de temps avant la reprise des frappes, les médias d’État syriens ont fait état de la chute d’obus dans les environs de la base aérienne russe de Hmeimim dans la province de Lattaquié, voisine d’Idleb.

Si les frappes aériennes s’étaient totalement estompées depuis l’annonce de la trêve, des tirs croisés et sporadiques d’obus se sont poursuivis, tuant deux civils, l’un dans les zones contrôlées par les forces du régime et l’autre dans les zones tenues par les rebelles et djihadistes.

« Les groupes terroristes soutenus par la Turquie ont refusé de respecter le cessez-le-feu et ont mené plusieurs attaques contre les civils », avait ajouté l’armée.

Retrait des djihadistes

Jeudi, Damas avait conditionné le respect du cessez-le-feu à l’application d’un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie, parrain des rebelles, pour créer une « zone démilitarisée » dans la région d’Idleb, vidée de toute présence djihadiste.

L’accord, qui prévoyait de séparer les territoires tenus par les djihadistes et les rebelles des zones attenantes contrôlées par le gouvernement, stipule le retrait des djihadistes de la future zone tampon.

Le chef du groupe djihadiste HTS, Abou Mohamad al-Joulani, avait samedi dit refuser tout retrait d’une future zone tampon dans la région d’Idleb.

« Nous ne nous retirerons jamais de la zone » appelée à être démilitarisée, avait affirmé M. Joulani.

Ces derniers jours, des experts et des résidents avaient fait part de leur scepticisme quant à la pérennité de la trêve, citant plusieurs cessez-le-feu qui s’étaient soldés par un échec.

Mais d’autres habitants, qui avaient fui les bombardements, ont profité de la trêve pour retourner chez eux, à l’instar d’Abou Abdallah et de sa famille, qui ont retrouvé leur maison de Khan Cheikhoun détruite.

« Nous n’avons aucun espoir » d’y habiter, avait-il affirmé à l’AFP. « Nous essayons de récupérer certains biens et quelques souvenirs que nous avons laissés derrière nous. »