Opération militaire pour sécuriser le désert irakien

Pour Hicham al-Hachemi, expert en sécurité, les forces de sécurité cherchent à chasser environ un millier de combattants djihadistes des régions désertiques qui entourent Baïji, Rawah et Tharthar.
Photo: Stringer Agence France-Presse Pour Hicham al-Hachemi, expert en sécurité, les forces de sécurité cherchent à chasser environ un millier de combattants djihadistes des régions désertiques qui entourent Baïji, Rawah et Tharthar.

L’armée irakienne a annoncé dimanche le lancement d’une nouvelle opération pour sécuriser le vaste désert de l’ouest du pays, frontalier avec la Syrie, par crainte du réveil de cellules djihadistes qui utilisent la zone pour se regrouper.

L’opération, nommée « Volonté de vaincre », a débuté tôt dans la matinée dimanche et doit permettre de « nettoyer » ce territoire reculé, à cheval sur les provinces de Salaheddine, de Ninive et d’Al-Anbar, est-il indiqué dans un communiqué de l’armée.

Les forces armées irakiennes, des forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi, des groupes tribaux et des avions militaires de la coalition internationale antidjihadiste emmenée par les États-Unis participent à l’opération, selon le communiqué.

Le groupe EI toujours présent

« Il y a des poches de combattants de Daech dans le nord-ouest, l’ouest et le sud-ouest de la province de Salaheddine », a indiqué à l’AFP un responsable du commandement militaire de la province, utilisant un acronyme arabe du groupe armé État islamique (EI).

« Daech est toujours présent dans ces zones et les opérations continueront jusqu’à ce qu’elles soient nettoyées », a-t-il ajouté.

L’Irak s’est déclaré vainqueur du groupe EI fin 2017, quelques mois après avoir chassé les djihadistes de leur siège installé à Mossoul, capitale de la province de Ninive.

L’organisation djihadiste a été défaite en Syrie en mars dernier, après qu’une alliance de combattants kurdes et arabes, aidée par la coalition internationale, l’a chassée de son dernier bastion à Baghouz, près de la frontière irakienne.

Des cellules dormantes

Mais des cellules dormantes continuent de mener des attaques meurtrières dans des régions reculées d’Irak, ciblant des points de contrôle gouvernementaux, des infrastructures publiques et des responsables locaux.

Pour Hicham al-Hachemi, expert en sécurité, l’opération « Volonté de vaincre » vise à priver le groupe EI des ressources que le groupe utilise lors de ces attaques.

« Cela va entamer le soutien logistique [dont bénéficie] Daech dans une zone qui constitue près d’un quart du pays, en détruisant ses bases, ses camps d’entraînement, les dépôts et les tunnels », a-t-il dit à l’AFP.

Selon lui, les forces de sécurité cherchent à chasser environ un millier de combattants djihadistes des régions désertiques qui entourent Baïji, Rawah et Tharthar.

Les forces de sécurité irakiennes ont ciblé des positions du groupe EI au cours de plusieurs opérations, soutenues par la coalition, ces derniers mois, notamment dans les montagnes d’Hamrin, au nord de Bagdad.

Les États-Unis demandent l’aide de l’Allemagne

Les États-Unis ont demandé dimanche à l’Allemagne de fournir des troupes au sol pour contrer le terrorisme dans le nord de la Syrie, provoquant des dissensions au sein de la fragile coalition gouvernementale d’Angela Merkel. « Nous voulons de la part de l’Allemagne des troupes au sol, afin de remplacer en partie nos soldats » sur place dans le cadre de la mission internationale de contre-terrorisme dans cette zone, actuellement en discussion, a déclaré le représentant spécial américain pour la Syrie, James Jeffrey, au quotidien Die Welt. M. Jeffrey était à Berlin vendredi pour des entretiens sur ce sujet. Il a précisé attendre une réponse dès le mois de juillet. Une manière pour les États-Unis, déjà mécontents du niveau des dépenses allemandes pour la défense, jugé insuffisant, d’accroître la pression sur Berlin dans le domaine militaire. Le président Donald Trump a annoncé fin 2018 le retrait de la plus grande partie des quelque 2000 soldats américains du nord-est de la Syrie, en proclamant une victoire totale contre le groupe armé État islamique. Depuis, il s’est laissé convaincre de ralentir le retrait et de laisser dans cette zone, qui n’est pas contrôlée par le régime syrien, quelques centaines d’Américains, qu’il souhaite voir épaulés par des militaires alliés. Agence France-Presse