Des missiles américains découverts sur une base libyenne pro-Haftar

Sur les caisses en bois des projectiles Norinco, on peut lire en anglais « forces armées des Émirats arabes unis ». Mais aucune référence à un autre pays outre les États-Unis, n’est visible sur les trois missiles Javelin présentés aux journalistes.
Photo: Agence France-Presse Sur les caisses en bois des projectiles Norinco, on peut lire en anglais « forces armées des Émirats arabes unis ». Mais aucune référence à un autre pays outre les États-Unis, n’est visible sur les trois missiles Javelin présentés aux journalistes.

Les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) en Libye ont présenté samedi à des journalistes des armes « modernes » de fabrication américaine et chinoise, qu’elles affirment avoir saisi dans une base des combattants rivaux du maréchal Haftar.

Les États-Unis ont indiqué samedi enquêter après la découverte de ces missiles présentés comme d’origine américaine alors que la Libye est soumise par l’ONU à un embargo sur les armes.

Trois missiles antichars Javelin de fabrication américaine et sept projectiles d’artillerie à guidage laser Norinco GP6 de fabrication chinoise, ont été présentés aux journalistes en Libye. Les armes ont été identifiées par un spécialiste des questions de défense, Arnaud Delalande, contacté par l’AFP.

« Il s’agit d’échantillons [des armes saisies] qu’on nous a autorisés à emmener ici », a déclaré un combattant des forces du GNA, Ibrahim al-Touil, affirmant ne pas être en mesure de divulguer le nombre total des missiles et des armes récupérés. « Nous avons trouvé ces armes à Gharyan (ouest). Des armes modernes, alors que la Libye est sous embargo » de l’ONU, a déclaré M. Touil à des journalistes.

Les forces du GNA, seul gouvernement reconnu par la communauté internationale, ont réussi à reprendre cette ville située à une centaine de kilomètres de Tripoli, aux troupes de l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar. Ce dernier avait lancé une vaste offensive début avril pour s’emparer de la capitale libyenne.

Selon le combattant du GNA, les armes ont été fournies à Khalifa Haftar par les Émirats arabes unis, un pays allié des États-Unis et qui soutient l’homme fort de l’est libyen. « Sur les armes, il est bien écrit Émirats arabes unis », a-t-il dit.

Sur les caisses en bois des projectiles Norinco, on peut lire en anglais « forces armées des Émirats arabes unis ». Mais aucune référence à un autre pays outre les États-Unis, n’est visible sur les trois missiles Javelin présentés aux journalistes, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Ces deux derniers jours, des forces du GNA avaient déjà publié des photos de missiles Javelin retrouvés à Gharyan. Chacun de ces missiles coûte 170 000 dollars et la cargaison avait été vendue par les États-Unis en 2008 dans le cadre d’un contrat avec les Émirats et le sultanat d’Oman, précisait vendredi le New York Times.

Interrogé samedi par l’AFP, le département d’État américain a indiqué, dans un communiqué, être « au courant de ces informations de presse » et chercher « de plus amples informations » sur cette découverte. « Nous prenons très au sérieux toutes les allégations d’utilisation frauduleuse de matériel de défense américain », a ajouté la diplomatie. « Nous attendons de tous les clients d’équipement de défense d’origine américaine qu’ils respectent leurs obligations d’utilisation finale », a poursuivi le ministère.

L’ONU a renouvelé en juin pour un an une opération européenne chargée du contrôle de l’embargo sur les armes pour la Libye, où des livraisons d’armements sont signalées depuis deux mois. Le Comité des experts des Nations unies chargé de contrôler cet embargo a également indiqué qu’il enquêtait sur l’implication possible des Émirats dans des tirs de missiles en avril sur des unités fidèles au GNA.