Deux attentats-suicides contre la police en Tunisie

Deux kamikazes ont attaqué la police et la Garde nationale de Tunis, jeudi.
Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse Deux kamikazes ont attaqué la police et la Garde nationale de Tunis, jeudi.

Un double attentat visant la police a fait jeudi au moins un mort et huit blessés à Tunis, faisant ressurgir le spectre de la violence en Tunisie à l’ouverture de la saison touristique et à quelques mois d’échéances électorales.

Peu après les attentats, la présidence de la République tunisienne a indiqué que le président Béji Caïd Essebsi, 92 ans, a été hospitalisé après avoir fait un « grave » malaise. Selon un de ses conseillers par Twitter et la présidence, il est d’ailleurs dans un état « critique ».

Sur la principale avenue de Tunis, l’avenue Habib-Bourguiba, un kamikaze a visé un véhicule de police en milieu de matinée, blessant trois civils et deux policiers, selon un premier bilan du ministère de l’Intérieur. L’un des policiers est décédé de ses blessures, a ensuite précisé le ministère.

Il s’agit du premier attentat dans la capitale depuis celui perpétré le 30 octobre, également sur l’avenue Habib-Bourguiba, par une femme kamikaze, qui avait fait au mois 26 blessés, en majorité des policiers.

Des morceaux de corps, probablement celui du kamikaze, jonchaient jeudi la chaussée autour de cette voiture, a constaté une journaliste de l’AFP sur place. L’attentat s’est produit non loin de l’ambassade de France.

Des passants se sont évanouis sous le choc, et de nombreux commerces et administrations du centre-ville ont aussitôt baissé leurs rideaux.

Rapidement, des forces de sécurité ont été déployées sur les lieux de l’attentat, où des badauds se sont attroupés malgré les avertissements lancés sur un ton agressif par des agents de police, en panique.

Deuxième attentat

Une demi-heure plus tard, un deuxième attentat-suicide a visé un complexe de la Garde nationale à la périphérie de Tunis, faisant quatre blessés parmi les policiers, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Le kamikaze s’est fait exploser « à 11 h [6 h, heure de Montréal] devant la porte arrière » du complexe de Gorjani, où sont rassemblés des services de la Garde nationale, de la police judiciaire et des services d’enquête antiterroriste, a déclaré le porte-parole du ministère, Sofiène Zaag.

Les deux attentats n’ont pas été revendiqués dans l’immédiat.Ils interviennent à la veille d’une saison touristique, qualifiée de prometteuse par des responsables tunisiens, et à l’approche d’élections présidentielles et législatives, prévues en octobre et novembre.

Depuis l’attaque-suicide le 24 novembre 2015 contre un bus de la garde présidentielle, qui avait tué 12 agents en plein centre de Tunis, l’état d’urgence a été constamment renouvelé dans le pays. Cette attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI).