Donald Trump dit avoir annulé une frappe sur l’Iran pour éviter 150 morts

Le président américain Donald Trump
Photo: Mandel Ngan Archives Agence France-Presse Le président américain Donald Trump

Le président Donald Trump a déclaré vendredi que les États-Unis étaient prêts à exercer des représailles contre l’Iran pour avoir abattu un drone américain, mais qu’il a annulé les tirs de missiles 10 minutes avant leur exécution, après avoir annoncé que 150 personnes pourraient mourir.

M. Trump a écrit vendredi sur Twitter que les États-Unis ne permettraient jamais à l’Iran de se doter d’une arme nucléaire. Mais il a déclaré qu’il n’était pas pressé de réagir militairement à la destruction, cette semaine, de l’énorme drone de surveillance américain sur le détroit d’Ormuz.

   

Sa déclaration est la plus récente indication qu’il ne souhaite pas intensifier le conflit avec Téhéran, mais il n’a pas exclu une future frappe américaine.

Il a déclaré que les sanctions économiques américaines paralysent l’économie iranienne et que d’autres sont ajoutées.

L’Iran a montré vendredi des images présentées comme celles des « débris » du drone et affirmé avoir lancé deux avertissements avant d’abattre l’appareil qui a, selon lui, violé l’espace aérien iranien. Les États-Unis assurent qu’il a été abattu dans l’espace aérien international.

Le nouvel accès de fièvre entre les deux pays ennemis apparaît comme une nouvelle conséquence de la politique de « pression maximale » conduite par l’administration du président américain Donald Trump qui veut pousser l’Iran à réduire encore davantage ses ambitions nucléaires et limiter son influence régionale.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a fait passer un message « d’urgence » à Washington via la Suisse, disant que son pays « ne cherche pas la guerre », mais qu’il défendrait « résolument son territoire contre toute agression ». L’ambassade de Suisse à Téhéran représente les intérêts américains en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1980.

Face à l’escalade, les compagnies aériennes KLM, Qantas, Singapore Airlines, Malaysia Airlines et Lufthansa ont suivi les compagnies américaines en décidant d’éviter de survoler le golfe d’Oman et le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial de pétrole.

Les tensions ne cessent de monter depuis le retrait américain en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l’Iran, privant ce pays des bénéfices économiques qu’il escomptait de ce pacte.

Elles se sont intensifiées avec des attaques contre des pétroliers dans la région du Golfe en mai et en juin, imputées par Washington à Téhéran qui a démenti.