L’Iran demande une intervention de l’ONU

La violation des frontières de l'Iran est la «ligne rouge» à ne pas franchir, a prévenu le commandant en chef des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami.
Photo: Vahid Salemi Archives Associated Press La violation des frontières de l'Iran est la «ligne rouge» à ne pas franchir, a prévenu le commandant en chef des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami.

L’Iran a dénoncé jeudi une action américaine « provocatrice » et « très dangereuse » contre son « intégrité territoriale », après la destruction par son armée d’un drone américain dans son « espace aérien », dans une lettre au chef de l’ONU et au Conseil de sécurité.

« Je vous écris pour vous informer d’une nouvelle action très dangereuse, provocatrice et illégale des forces militaires américaines contre l’intégrité territoriale de l’Iran », a écrit l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Majid Takht Ravanchi.

Dans sa missive, l’Iran — qui s’abstient de demander une réunion en urgence du Conseil de sécurité — souligne ne pas « chercher la guerre », mais affirme « se réserver le droit de prendre toutes mesures appropriées contre les violations de son territoire qu’il est déterminé à défendre vigoureusement au sol, en mer et dans les airs ».

La lettre iranienne se conclut par une demande faite aux Nations unies d’intervenir pour que les États-Unis « mettent un terme à leurs actions illégales et déstabilisatrices dans la région déjà volatile du Golfe ».

Plus tôt dans la journée, Téhéran a assuré avoir retrouvé, dans ses eaux territoriales, des débris d’un drone américain qu’il a abattu, un incident qui a encore fait monter la tension avec les États-Unis où Donald Trump a vivement réagi.

« Notre pays n’acceptera pas cela, je peux vous le dire », a lancé, menaçant, le président américain avant d’essayer de faire baisser la température en évoquant la piste d’une erreur du côté iranien faite par quelqu’un de « stupide ». « J’ai du mal à croire que cela était délibéré », a-t-il affirmé depuis le Bureau ovale.

Washington et Téhéran se sont livrés toute la journée à une guerre de communication sur la localisation exacte du drone de l’US Navy au moment où il a été ciblé.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a assuré que des morceaux de l’appareil avaient été retrouvés dans les eaux territoriales iraniennes, « à l’endroit où il a été abattu ». De son côté, le Pentagone a assuré qu’il se trouvait à 34 km des côtes iraniennes et n’avait « à aucun moment » violé l’espace aérien iranien.

Selon le commandement central des forces américaines, le drone a été abattu par un missile sol-air iranien au-dessus du détroit d’Ormuz. Ce détroit est un point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial de pétrole, près duquel deux pétroliers ont été attaqués le 13 juin, environ un mois après des sabotages contre quatre navires à l’entrée du Golfe.

Un risque de guerre?

En dépit des affirmations répétées des États-Unis et de l’Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, l’escalade et la multiplication des incidents dans la région du Golfe font craindre qu’une étincelle ne mette le feu aux poudres.

Le président russe, Vladimir Poutine, a mis en garde jeudi contre un éventuel recours des États-Unis à la force contre l’Iran, estimant que cela serait « une catastrophe » pour la région.

De son côté, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a appelé la communauté internationale à soutenir les États-Unis face à l’Iran qui a intensifié « ses actes d’agression ».

« J’appelle toutes les nations qui souhaitent la paix et la sécurité à soutenir les États-Unis dans leurs efforts contre l’agression iranienne », a-t-il ajouté.

Selon les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, un drone Global Hawk (du fabricant américain Northrop Grumman) a été abattu à 4 h 05 (23 h 35 GMT mercredi) par un missile au-dessus de la mer d’Oman après avoir violé l’espace aérien iranien.

Il avait décollé mercredi à 19 h 44 GMT d’une base américaine sur « la rive sud du golfe Persique », « éteint tous ses dispositifs de reconnaissance », passé le détroit d’Ormuz et mis le cap vers l’est en direction du port iranien de Chabahar, ont-ils affirmé.

Selon les Gardiens, l’appareil a été abattu au retour de sa mission, dans la zone côtière près de Bandar-é Jask.

La violation des frontières iraniennes est la « ligne rouge » à ne pas franchir, a prévenu le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens.

« Notre réaction est, et sera, catégorique et absolue ».