Les violences s’intensifient entre Israël et Gaza

La bande de Gaza, éprouvée par les conflits, la pauvreté et l’enfermement, est le théâtre d’une énième escalade des tensions depuis la guerre meurtrière de 2014 entre Israël et les groupes armés palestiniens.
Photo: Mahmud Hams Agence France-Presse La bande de Gaza, éprouvée par les conflits, la pauvreté et l’enfermement, est le théâtre d’une énième escalade des tensions depuis la guerre meurtrière de 2014 entre Israël et les groupes armés palestiniens.

Les hostilités se sont intensifiées dimanche au deuxième jour d’une escalade entre Israël et les groupes armés de la bande de Gaza, les tirs de roquettes palestiniens et la riposte de l’État hébreu ayant tué quatre personnes côté israélien et 23 Palestiniens depuis samedi.

Dix-neuf Palestiniens ont été tués au cours de la seule journée de dimanche, a indiqué le ministère de la Santé dans l’enclave sous blocus, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas.

Au deuxième jour d’un accès de fièvre qui fait craindre un nouveau conflit, les deux camps n’ont donné aucun signe de désarmement.

Un journaliste de l’AFP à Gaza a fait état de dizaines de nouveaux tirs de roquettes dans la soirée sur le territoire israélien en provenance de l’enclave palestinienne coincée entre Israël, Égypte et Méditerranée.

L’armée israélienne a de son côté poursuivi sans relâche ses vagues de frappes sur la bande de Gaza, visant le Hamas et le Djihad islamique, les deux principaux groupes armés de l’enclave palestinienne.

Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a ordonné la poursuite de « frappes massives » et l’envoi de renforts militaires autour de la bande de Gaza.

Cette langue de terre éprouvée par les conflits, la pauvreté et l’enfermement est le théâtre d’une énième escalade des tensions depuis la guerre meurtrière de 2014 entre Israël et les groupes armés palestiniens.

Quelque 600 roquettes ont été tirées depuis samedi de Gaza, dont 510 ont atteint le territoire israélien, et 35 sont retombées dans des zones urbaines, a décompté l’armée israélienne.

Le président français, Emmanuel Macron, a fermement condamné dimanche les « tirs de Gaza » et a souligné que le cycle de la violence devait « cesser ».

Des « frappes massives »

L’armée israélienne a dit en retour avoir frappé plus de 250 objectifs du Hamas et du Djihad islamique à travers la bande de Gaza, et visé notamment des ateliers de fabrication de roquettes, des entrepôts d’armes, des positions et des bases militaires ainsi qu’un tunnel du Djihad islamique débouchant en Israël.

Un bâtiment abritant les services de sécurité intérieure du Hamas dans la ville de Gaza a été réduit à l’état de ruines, selon les deux camps.

Sur les 12 Palestiniens tués dimanche, au moins six ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Djihad islamique.

Parmi eux figure Hamad al-Khodori, 34 ans, présenté par la branche armée du Hamas comme un de ses commandants et par l’armée israélienne comme un responsable des transferts d’argent iranien à destination du Hamas et du Djihad islamique. L’armée israélienne a ouvertement revendiqué l’élimination ciblée de celui qu’elle a décrit comme le propriétaire d’une compagnie de change.

En revanche, elle a démenti que la mort samedi d’une fillette de 14 mois et d’une de ses tantes, d’abord présentée comme sa mère, ait été le fait d’une de ses frappes, comme l’a annoncé le ministère gazaoui de la Santé relevant du Hamas. Une soeur de la fillette a été grièvement blessée.

Elles sont mortes par la faute d’une « roquette tirée par le Hamas et qui a explosé là où elle n’aurait pas dû », a dit un porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

Le premier ministre israélien a ordonné de continuer les « frappes massives ».

« J’ai donné pour instruction à l’armée de continuer ses frappes massives contre les éléments terroristes de la bande de Gaza, et ordonné de renforcer en chars, en artillerie et en troupes les forces déployées autour de la bande de Gaza », a-t-il dit au conseil des ministres selon ses services.

Israël maintient aussi fermés les points de passage avec Gaza.

Le lieutenant-colonel Conricus a assuré que l’armée israélienne « déployait d’importants efforts pour minimiser les dégâts collatéraux et les victimes civiles ».

Interrogé sur la possibilité d’une nouvelle guerre, il a répondu que « cela dépend du degré d’agression du Djihad islamique et du Hamas […] nous avons bien l’intention et la capacité de poursuivre et d’intensifier nos opérations si nécessaire ».

Ces violences remettent en cause une trêve fragile observée depuis fin mars entre Israël et le Hamas et ses alliés, qui se sont livré trois guerres dans l’enclave depuis 2008.

Le voisin égyptien, intercesseur historique entre Israël et Palestiniens, ainsi que les Nations unies s’emploient à une médiation pour faire retomber la tension, alors que le ramadan commence dans les jours à venir.

Trois facteurs pourraient influer sur la suite des événements : les négociations en cours pour former une coalition gouvernementale après la victoire de M. Nétanyahou aux législatives d’avril, l’Eurovision prévu à Tel-Aviv mi-mai, et les célébrations de la création de l’État d’Israël jeudi.