Élections en Israël: plus de place au doute sur la victoire de Nétanyahou

Des partisans du Likoud ont célébré mercredi la victoire de leur chef, Benjamin Nétanyahou, au siège social du parti à Tel-Aviv.
Photo: Ariel Schalit Associated Press Des partisans du Likoud ont célébré mercredi la victoire de leur chef, Benjamin Nétanyahou, au siège social du parti à Tel-Aviv.

Benjamin Nétanyahou est sur la voie d’un cinquième mandat de premier ministre israélien après un nouveau coup de maître politique aux législatives qui le désigne comme le mieux placé pour former le prochain gouvernement.

Après le dépouillement de la quasi-totalité des votes aux élections de mardi, M. Nétanyahou et son parti sont crédités d’autant de sièges (35) que la liste Bleu-blanc (centre droit) de Benny Gantz par les projections des médias. Mais M. Nétanyahou devrait pouvoir réunir, avec d’autres formations de droite, une majorité absolue de 65 sièges sur 120, quand son rival en paraît très éloigné.

Dans une telle configuration, il semble hautement improbable que le président Reuven Rivlin confie dans les prochains jours à un autre que M. Nétanyahou la tâche de former une coalition de gouvernement.

En attendant la fin du dépouillement des bulletins […] d’ici à jeudi après-midi, sa victoire ne laissait plus guère de place au doute et les messages de félicitations sont arrivés d’Inde, d’Italie, d’Autriche et de la Maison-Blanche.

« Je veux féliciter Bibi Nétanyahou […]. Il est peut-être un peu tôt, mais il a visiblement gagné », a déclaré le président américain, Donald Trump, en parlant de son « allié formidable ». « Je pense que nous avons une meilleure chance d’aboutir maintenant que Bibi a gagné », a-t-il ajouté en parlant d’un plan de paix du gouvernement américain qui se fait attendre depuis des mois.

M. Trump n’a pas expliqué en quoi un cinquième mandat de M. Nétanyahou favoriserait la recherche de la paix avec les Palestiniens qui croient le contraire. M. Nétanyahou, 69 ans, est au pouvoir sans discontinuer depuis 10 ans et les chances de règlement de ce vieux conflit ont rarement paru plus minces.

Je veux féliciter Bibi Nétanyahou […]. Il est peut-être un peu tôt, mais il a visiblement gagné. 

Sauf improbable surprise, M. Nétanyahou a signé un nouveau coup d’éclat en remportant, malgré la menace d’une inculpation pour corruption, des élections largement présentées comme un référendum sur sa personne. Ses ennuis judiciaires risquent toutefois de le rattraper dès les premiers mois d’un nouveau mandat. Triomphant devant ses partisans réunis à Tel-Aviv, M. Nétanyahou a parlé dans la nuit de succès « dépassant l’imagination ».

Son principal adversaire et novice en politique, M. Gantz, qui avait revendiqué une « réussite historique » pour une formation qui n’existait pas il y a moins de six mois, a affirmé mercredi soir « respecter la décision du peuple ». Il a reconnu mercredi sa défaite lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv.

Le numéro deux de sa liste, Yaïr Lapid, a de son côté affirmé que la liste Bleu-blanc comptait « rendre la vie amère au gouvernement Nétanyahou » sur les bancs de l’opposition.

Le scrutin a été une douche froide pour la gauche. L’historique Parti travailliste est crédité de six sièges et l’une de ses dirigeantes, Shelly Yachimovich, s’est dite « sous le choc ».

Quelque 6,3 millions d’électeurs étaient appelés mardi à élire leurs 120 députés et décider si « Bibi » poursuivrait son long règne ou si le moment était venu d’en finir avec la corruption, le machiavélisme et le populisme associés à son nom, et les discours clivants sur la minorité arabe.

Les Israéliens « ont choisi pour les représenter un Parlement à écrasante majorité de droite, xénophobe et antipalestinienne », s’est émue la dirigeante palestinienne Hanane Achraoui.