Législatives israéliennes: Nétanyahou et Gantz donnent le dernier coup de collier

Peu importe le vainqueur, le Likoud, mené par M. Nétanyahou, et Bleu-blanc, avec en tête de liste M. Gantz, devront vraisemblablement s’allier à d’autres formations pour gouverner.
Photo: Oded Balilty associated press Peu importe le vainqueur, le Likoud, mené par M. Nétanyahou, et Bleu-blanc, avec en tête de liste M. Gantz, devront vraisemblablement s’allier à d’autres formations pour gouverner.

Les deux principaux candidats aux législatives de mardi en Israël ont jeté lundi leurs dernières forces dans cette bataille incertaine, Benjamin Nétanyahou en agitant le spectre d’une défaite de la droite, le général Benny Gantz en promettant de mettre fin au règne du premier ministre sortant.

Plus de six millions d’Israéliens sont appelés à se rendre aux urnes mardi à partir de 7 heures, heure locale, et jusqu’à 22 heures pour élire les 120 députés de la Knesset. La course aura été incertaine jusqu’au bout pour savoir qui, de l’indéboulonnable premier ministre ou du général novice en politique, se verra confier par le président, Reuven Rivlin, la tâche de former le prochain gouvernement après les élections.

Au cours des derniers jours, M. Nétanyahou, 69 ans, dont plus de 13 années passées au pouvoir, a fait flèche de tout bois pour décrocher un cinquième mandat. Comme en 2015, il a sorti de son chapeau une surprise de dernière minute en se disant prêt à annexer les colonies israéliennes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis plus de 50 ans par Israël. Les colonies sont illégales au regard du droit international et une telle annexion passerait pour sceller le sort de la solution à deux États, formule de référence de l’ONU pour résoudre le conflit israélo- palestinien.

Campagne acrimonieuse

Dans les dernières heures d’une campagne acrimonieuse, M. Nétanyahou s’est employé à toute force à mobiliser les électeurs de droite autour de son parti, le Likoud. Cette tactique est jugée à haut risque pour les autres formations de droite avec lesquelles il serait appelé à former une majorité de gouvernement mais qui, finalement, pourrait ne pas entrer au Parlement si le Likoud leur prend trop de voix. « Au moment où je parle, nous avons un retard de quelques sièges », a dit M. Nétanyahou lors d’une apparition qui a semé la confusion sur le marché populaire de Mahane Yehuda à Jérusalem. « Si chaque électeur du Likoud ne va pas voter avec sa famille, ses amis, ses connaissances, demain soir ou le lendemain matin, nous nous retrouverons avec Yaïr Lapid comme premier ministre », a-t-il dit. M. Lapid, colistier de M. Gantz, sert de repoussoir au Likoud. Il est censé devenir premier ministre au bout de deux ans et demi en vertu d’un accord de rotation avec M. Gantz si leur liste, appelée Bleu-blanc (les couleurs nationales), l’emporte.

Au moment où je parle, nous avons un retard de quelques sièges

Tout au long de sa campagne, M. Nétanyahou a réduit ses adversaires à des « gauchistes », alors que Bleu-blanc se situe plutôt au centre droit. Il a opposé à leur inexpérience internationale sa stature de dirigeant parlant d’égal à égal aux grands de ce monde. Ainsi, le président américain, Donald Trump, est au courant de ses intentions d’annexion en Cisjordanie, a-t-il affirmé dans un entretien au réseau d’information Arutz Sheva.

Les derniers sondages autorisés plaçaient vendredi le Likoud et Bleu-blanc au coude-à-coude. Mais, avec une trentaine de sièges prédits à chacun, l’un et l’autre restent loin de la majorité absolue (61 sur 120) et devraient s’allier à d’autres formations pour gouverner. Or les projections de vote pour les autres partis sont plus favorables à un bloc de droite dirigé par M. Nétanyahou. Les experts mettent en garde contre les conclusions hâtives tirées des sondages. Ils invoquent la part significative des indécis. Ils citent aussi le risque que certaines listes censées s’allier au Likoud ne franchissent pas le seuil de 3,25 % des voix nécessaires pour être représentées.