L’unité malmenée au sommet arabe

Le sommet de Tunis a permis de rassembler le roi Salmane d’Arabie saoudite, reçu en grande pompe depuis jeudi, et l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, arrivé parmi les derniers dimanche matin.
Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse Le sommet de Tunis a permis de rassembler le roi Salmane d’Arabie saoudite, reçu en grande pompe depuis jeudi, et l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, arrivé parmi les derniers dimanche matin.

Les pays arabes réunis lors d’un sommet dimanche à Tunis n’ont pas atteint leur objectif d’unité, sauf sur le Golan, l’émir du Qatar, au coeur d’un contentieux diplomatique avec l’Arabie saoudite, ayant quitté prématurément le rendez-vous.

Les dirigeants arabes ont rejeté et dénoncé dans une déclaration finale la reconnaissance américaine de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, conquis à la Syrie en 1967 puis annexé en 1981.

Lundi, le président américain, Donald Trump, a signé un décret reconnaissant la souveraineté d’Israël sur ce territoire, une reconnaissance « invalide et illégitime » selon une déclaration séparée des dirigeants arabes consacrée à la question.

« Il est vrai que l’Amérique est la plus forte force militaire dans le monde, mais sa décision n’a absolument aucune valeur », a indiqué lors d’une conférence de presse le secrétaire général de la Ligue, M. Aboul Gheit, à la fin de cette 30e session du sommet arabe.

Le sommet de Tunis a, certes, permis de rassembler le roi Salmane d’Arabie saoudite, reçu en grande pompe depuis jeudi, et l’émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, arrivé parmi les derniers dimanche matin.

Mais le second a quitté prématurément les travaux l’après-midi, « après avoir assisté à la cérémonie d’ouverture », a indiqué l’agence officielle de l’émirat QNA, sans donner le motif de ce départ. Le riche émirat gazier est au coeur d’un conflit diplomatique, depuis juin 2017, qui l’oppose à plusieurs autres pays arabes, dont l’Arabie saoudite.

Alors que plusieurs dirigeants venaient d’appeler à dépasser les différends, l’émir du Qatar est sorti de la salle au moment où s’exprimait Ahmed Aboul Gheit, et « a quitté la Tunisie », a dit à l’AFP un responsable tunisien sous le couvert de l’anonymat.

Sans être en mesure de dire s’il existe un lien entre ce départ et les propos qu’il a tenus, M. Aboul Gheit s’en est pris à la Turquie et à l’Iran, déplorant notamment que « les ingérences » de ces « voisins » aient « intensifié les crises » et « créé » de nouveaux « problèmes ».

Le Qatar est soumis depuis juin 2017 à un blocus économique et diplomatique de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et de l’Égypte, qui ont rompu tout lien avec l’émirat.

Riyad et ses alliés accusent Doha de ne pas prendre assez de distance avec l’Iran, puissance régionale chiite rivale de l’Arabie saoudite sunnite, et de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce que le Qatar nie. Aucune tentative de réconciliation n’a abouti à ce jour.