Abbas désigne un proche comme premier ministre

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, avait annoncé, fin décembre, vouloir dissoudre le Parlement palestinien, contrôlé par le Hamas, et organiser des élections.
Photo: Abbas Momani Agence France-Presse Le président palestinien, Mahmoud Abbas, avait annoncé, fin décembre, vouloir dissoudre le Parlement palestinien, contrôlé par le Hamas, et organiser des élections.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a nommé premier ministre dimanche l’un de ses proches, Mohammad Chtayyeh, le chargeant de former un nouveau gouvernement. Ce choix devrait renforcer l’emprise de son parti, le Fatah, au détriment du Hamas, le mouvement islamiste rival.

Fin décembre, le président palestinien avait annoncé vouloir dissoudre le Parlement palestinien, contrôlé par le Hamas, et organiser des élections. Un mois plus tard, le précédent premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, remettait sa démission.

Ces annonces et la nomination de Mohammad Chtayyieh, un des fidèles du président palestinien, à la tête du gouvernement sont perçues par les analystes comme une manière pour Mahmoud Abbas d’écarter encore davantage le Hamas, qui contrôle Gaza. Ce dernier a annoncé dimanche qu’il ne reconnaissait « pas le gouvernement séparatiste, car il a été formé sans consensus national ».

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a dénoncé dans un communiqué un nouveau gouvernement qui « reflète l’unilatéralisme d’Abbas et son monopole du pouvoir », mettant en garde contre la volonté du président palestinien de séparer la bande de Gaza de la Cisjordanie occupée.

Le gouvernement est l’émanation de l’Autorité palestinienne, entité intérimaire internationalement reconnue et censée préfigurer un État indépendant qui comprendrait la Cisjordanie et la bande de Gaza, séparées de quelques dizaines de kilomètres par le territoire israélien. Mais dans les faits, c’est le président palestinien qui prend les décisions importantes.

Paysage politique figé

En 2014, la nomination du précédent gouvernement s’était faite lors d’une phase de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Le cabinet ainsi formé était composé de personnalités indépendantes que les deux mouvements avaient acceptées, avant que le rapprochement ne vole en éclat.

Le nouveau gouvernement que devra annoncer M. Chtayyieh dans les prochaines semaines est, lui, le fruit de l’échec des négociations entre le parti laïque du président palestinien et le mouvement islamiste. « Si le Hamas veut toujours former avec d’autres un mini-État à Gaza pour les Frères musulmans, nous devons mettre fin à la relation […] et former un nouveau gouvernement », avait ainsi déclaré Nabil Abou Roudeinah, le porte-parole du président palestinien, le mois dernier.

En 2006, le Hamas a remporté les élections législatives palestiniennes, mais la communauté internationale a refusé de reconnaître cette victoire. Un an plus tard, le mouvement islamiste prenait le contrôle de la bande de Gaza au terme d’une quasi-guerre civile avec le Fatah.

Depuis, tous les efforts de réconciliation entre les deux frères ennemis palestiniens ont échoué, figeant le paysage politique : le Parlement ne siège pas et le président, Mahmoud Abbas, dont le mandat a expiré depuis 2009, dirige toujours l’Autorité palestinienne, faute d’élections.


Priorité à la paix

La députée israélienne Tamar Zandberg, chef du parti de gauche Meretz, a rencontré dimanche à Ramallah le président palestinien, Mahmoud Abbas, appelant à faire de la paix un sujet prioritaire du prochain gouvernement. « La paix assurera la sécurité d’Israël et c’est dans l’intérêt des deux peuples… Peu importe quel gouvernement sera élu, il devra négocier », a-t-elle estimé, ajoutant que sa formation mettra cette solution et celle à deux États en avant durant la campagne. Les Israéliens sont appelés à élire leurs députés le 9 avril. Meretz dispose de 5 sièges au Parlement sortant.

Benjamin Nétanyahou a réaffirmé dimanche qu’Israël n’était pas l’État-nation « de tous ses citoyens », mais « uniquement du peuple juif », excluant la population arabe du pays, en pleine campagne pour les élections législatives du 9 avril. Le premier ministre réagissait aux propos tenus la veille par la populaire actrice Rotem Selah sur Instagram. Celle-ci a écrit un texte défendant les droits de la minorité arabe — qui représente 17,5 % de la population —, affirmant que « l’État d’Israël est l’État de tous ses citoyens ». Tous les citoyens, y compris les Arabes, sont égaux en droits, a réagi M. Nétanyahou, mais il a ensuite rappelé l’existence d’une loi controversée, adoptée l’année dernière, selon laquelle Israël est l’État-nation du peuple juif. « Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens, a écrit M. Nétanyahou, car selon la loi fondamentale sur la nation que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif — et uniquement du peuple juif. » M. Nétanyahou a été accusé par l’opposition d’avoir diabolisé les Arabes israéliens avant les élections, dans le but d’augmenter le taux de participation des électeurs de droite.