La Turquie arrête plus de 700 partisans présumés du prédicateur Gülen

Les autorités turques accusent le prédicateur Fethullah Gülen d’avoir été le cerveau du coup d’État raté du 15 juillet 2016.
Photo: Adem Altan Archives Agence France-Presse Les autorités turques accusent le prédicateur Fethullah Gülen d’avoir été le cerveau du coup d’État raté du 15 juillet 2016.

Au moins 729 personnes soupçonnées de liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016, ont été arrêtées mardi à travers la Turquie, a annoncé le parquet d’Ankara.

« 729 arrestations ont eu lieu », a déclaré le parquet, qui a envoyé dans la matinée aux autorités locales de 75 des 81 provinces de Turquie les noms de 1.112 personnes soupçonnées de liens avec la confrérie guléniste.

L’agence étatique Anadolu avait fait état un peu plus tôt de 641 arrestations.

Le parquet avait indiqué plus tôt avoir envoyé cette liste à la suite d’une enquête sur la fuite du sujet d’un examen d’entrée dans la police en 2010, imputée aux réseaux gulénistes.

« Nous ne pouvons pas savoir si les personnes dont nous avons envoyé les noms vont être simplement convoquées pour une déposition ou arrêtées », a précisé à l’AFP une source judiciaire, interrogée à propos de cette liste.

« À Ankara, nous avons arrêté 45 personnes, mais nous ne savons pas ce qui sera décidé dans les autres provinces », a ajouté cette source.

Ce nouveau coup de filet, l’un des plus importants de ces derniers mois, survient alors que les purges lancées après le putsch manqué du 15 juillet 2016 se poursuivent à un rythme soutenu, avec des dizaines, voire des centaines d’arrestations hebdomadaires.

Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu avait prévenu dimanche qu’une « nouvelle opération d’envergure » était en préparation contre les gulénistes. « Nous les éradiquerons de ce pays », avait-il déclaré.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées depuis le putsch manqué et plus de 140 000 ont été limogées ou suspendues.

Les autorités turques accusent M. Gülen d’avoir créé un « État parallèle » dans l’objectif de renverser le gouvernement turc et d’avoir été le cerveau de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016.

Mais le prédicateur, qui réside depuis une vingtaine d’années aux États-Unis, nie catégoriquement tout lien avec le putsch manqué.