Syrie: le dernier bastion du groupe État islamique sous pression

«La fin est proche», a lancé la ministre française des Armées, Florence Parly, en déplacement auprès des troupes françaises en Irak stationnées à la frontière avec la Syrie.
Photo: Daphné Benoit Agence France-Presse «La fin est proche», a lancé la ministre française des Armées, Florence Parly, en déplacement auprès des troupes françaises en Irak stationnées à la frontière avec la Syrie.

Une alliance arabo-kurde soutenue par Washington a progressé dimanche face au groupe armé État islamique (EI), au second jour d’un assaut final lancé pour éradiquer l’organisation djihadiste de son dernier bastion dans l’est du pays.

Après sa montée en puissance en 2014 et la proclamation d’un « califat » sur de vastes régions conquises alors en Syrie et en Irak voisin, les djihadistes sont aujourd’hui acculés dans une poche de la province orientale de Deir Ezzor, allant du village de Baghouz à la frontière irakienne.

La « bataille finale » a été annoncée samedi par les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenus principalement par les États-Unis qui dirigent une coalition internationale anti-groupe EI.

Un porte-parole de l’alliance, Mustefa Bali a fait état « d’affrontements directs à l’arme légère ». « Les FDS ont progressé » sur deux axes, a-t-il indiqué sur Twitter, précisant que les djihadistes avaient perdu des dizaines de positions et que leurs « fortifications » avaient été détruites.

Les djihadistes, entre 500 et 600, selon les FDS, sont pris en tenaille près de la frontière irakienne, totalement bouclée. Côté irakien, des canons des artilleurs français sont prêts à tirer, la France faisant partie de la coalition anti-groupe EI.

Le président américain, Donald Trump, a prédit mercredi la « libération » imminente de « 100 % » des territoires jadis contrôlés par le groupe EI, ajoutant qu’une « annonce officielle » en ce sens pourrait intervenir « dès la semaine prochaine ».

En décembre, il avait annoncé le retrait prochain des quelque 2000 soldats américains déployés en Syrie.

« La fin est proche », a lancé samedi la ministre française des Armées, Florence Parly, en déplacement auprès des troupes françaises en Irak stationnées à la frontière avec la Syrie.

Abou Bakr al-Baghdadi toujours introuvable

Alors que le groupe EI est sur le point d’être totalement vaincu, le sort de son chef, le « calife » Abou Bakr al-Baghdadi, demeure inconnu.

Alors qu’il a été donné pour mort à plusieurs reprises, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier sur le service de messagerie Telegram par des comptes pro-groupe EI.

« Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas d’informations sur une présence de Baghdadi en Syrie, et nous ne pensons pas qu’il s’y trouve », a déclaré M. Bali.

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers dont des attaques suicides. Il a également revendiqué des attentats à l’étranger, notamment en Occident.

Les FDS avaient lancé en septembre leur offensive contre la dernière poche djihadiste à Deir Ezzor, prenant l’immense majorité du réduit. Bilan des combats : plus de 1200 djihadistes, plus de 670 combattants des FDS et plus de 400 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l'homme.

Quelque 37 000 personnes ont fui le secteur depuis décembre, principalement des familles du groupe EI, mais aussi environ 3400 djihadistes ayant rendu les armes, d’après l’ONG.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts. L’assaut final contre le groupe EI représente aujourd’hui le principal front dans le pays.

Le régime de Bachar Al-Assad contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et djihadistes.

Outre son ultime réduit dans l’Est syrien, le groupe EI n’a plus que des combattants dispersés dans le vaste désert s’étendant du centre du pays à Deir Ezzor. Des centaines d’étrangers liés au groupe EI, dont femmes et enfants, se trouvent aux mains des FDS qui réclament leur rapatriement vers leurs pays d’origine.

Dimanche, Moscou a organisé le rapatriement de 27 enfants russes dont les mères sont détenues en Irak pour appartenance au groupe djihadiste.