Le groupe EI revendique une attaque contre des kurdes et des américaines

<p>Le groupe EI a rapidement revendiqué «une attaque suicide menée avec une voiture piégée», selon son organe de propagande Amaq.</p>
Photo: Agence France-Presse

Le groupe EI a rapidement revendiqué «une attaque suicide menée avec une voiture piégée», selon son organe de propagande Amaq.

Un convoi des forces américaines et de leurs alliés locaux en Syrie a été pris pour cible, lundi, par un kamikaze au volant d’une voiture piégée, une attaque revendiquée par le groupe armé État islamique (EI).

Cinq combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis, ont été tués dans l’attentat survenu dans la province de Hassaké (nord-est), a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le convoi était escorté par des troupes américaines et se dirigeait vers la ville de Chadadi depuis Hassaké, avant d’être attaqué par un kamikaze, a précisé à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Le porte-parole de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par Washington a confirmé l’événement sur son compte Twitter. « Il n’y a pas de victimes américaines », a-t-il précisé. Selon l’OSDH, deux soldats américains ont été blessés.

Ce n’est que le début

Un témoin contacté par l’AFP a affirmé que l’explosion avait eu lieu à proximité d’un barrage de contrôle des forces kurdes, près de Chadadi. Des avions survolaient le secteur avant qu’il ne soit entièrement bouclé, a-t-il relevé.

Le groupe EI a rapidement revendiqué « une attaque suicide menée avec une voiture piégée », selon son organe de propagande Amaq. L’organisation extrémiste a également menacé les forces américaines et leurs alliés de nouvelles attaques, affirmant sur l’application Telegram que « ce qui leur est arrivé à Hassaké et à Minbej n’est que le début ».

Le 16 janvier, dix civils et cinq combattants des forces arabo-kurdes ont été tués dans un attentat revendiqué par le groupe EI à Minbej. Quatre Américains ont également péri : deux militaires, un employé civil du département de la Défense et un employé d’un sous-traitant du Pentagone.

Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre les forces américaines en Syrie, selon les chiffres du Pentagone.

Ces violences interviennent alors que le président Donald Trump a annoncé le mois dernier le prochain départ de Syrie des quelque 2000 soldats américains, justifiant ce désengagement par la « défaite » du groupe EI.

Minorité kurde

Minbej constitue un des principaux points de contentieux entre la minorité kurde de Syrie, qui a instauré une autonomie de facto dans le nord et le nord-est du pays, et le voisin turc, qui voit d’un mauvais oeil cette émancipation, craignant qu’elle ne ravive les velléités indépendantistes de la communauté sur son propre territoire.

En décembre, Ankara avait menacé de lancer une nouvelle offensive pour déloger de sa frontière la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Lors d’un entretien téléphonique dimanche avec M. Trump, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, « a indiqué que la Turquie était prête à assurer, sans perdre de temps, la sécurité dans la région de Minbej ».

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, le groupe EI a été mis en déroute par de multiples offensives lancées dans ces deux pays.

Mais les djihadistes, acculés dans des petits secteurs, continuent à perpétrer des attentats meurtriers.

Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations par le pouvoir de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.