La Syrie et Israël s’accusent mutuellement d’attaques aux missiles

La défense antiaérienne de l’armée syrienne est entrée en action contre des «missiles» israéliens, mardi soir, a rapporté l’agence de presse officielle Sana.
Photo: SANA via Associated Press La défense antiaérienne de l’armée syrienne est entrée en action contre des «missiles» israéliens, mardi soir, a rapporté l’agence de presse officielle Sana.

L’aviation israélienne a bombardé dans la nuit de mardi à mercredi des cibles près de Damas, ont rapporté des médias d’État syriens, une opération qualifiée par Moscou, proche allié du régime en Syrie, de « violation grossière de souveraineté ».

L’armée israélienne a elle affirmé s’être protégée contre un tir de missile antiaérien en provenance de Syrie.

Mardi soir, la défense antiaérienne de l’armée syrienne est entrée en action contre des « missiles » tirés par « l’aviation militaire israélienne » sur des cibles près de Damas, a rapporté l’agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source militaire qui a fait état de trois soldats blessés.

La « majorité » de ces missiles ont été interceptés avant qu’ils atteignent leurs cibles, a souligné l’agence, affirmant que les avions de combat israéliens avaient tiré depuis l’espace aérien libanais. Un entrepôt de munitions a subi des « dégâts », selon Sana.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les trois cibles du « raid israélien » sont en fait des « entrepôts d’armes […] appartenant au [mouvement chiite libanais] Hezbollah ou aux forces iraniennes » qui aident le régime de Bachar al-Assad, tout comme la Russie.

Les cibles se trouveraient dans les secteurs de Dimas, de Kesswa ou encore de Jamraya, des régions à l’ouest et au sud-ouest de Damas où des raids israéliens ont été rapportés par le passé.

Fin novembre, le régime syrien avait accusé Israël d’avoir bombardé des cibles dans la région de Kesswa.

Tensions régionales

Mercredi, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a martelé une nouvelle fois qu’Israël n’était « pas préparé à accepter un enracinement de l’Iran en Syrie ». « Nous continuerons à agir vigoureusement », a-t-il ajouté sans faire de référence directe aux événements de la nuit.

Depuis 2011, Israël a mené plusieurs frappes contre les installations militaires du régime syrien, de l’Iran et du Hezbollah, ses grands ennemis.

Dans deux lettres adressées mercredi aux Nations unies, le ministère syrien des Affaires étrangères a considéré « l’agression israélienne » comme faisant partie « des tentatives d’Israël pour prolonger la crise en Syrie », en guerre depuis 2011, a indiqué l’agence Sana.

La Russie a elle dénoncé une « violation grossière de la souveraineté » de la Syrie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Moscou a qualifié les frappes de « provocatrices ».

La Russie et le Liban ont en outre accusé l’État hébreu d’avoir mis en danger des avions de ligne dont le passage coïncidait avec le raid israélien.

De son côté, l’armée israélienne s’est bornée à indiquer mardi sur Twitter que son système de défense aérien avait été « déclenché contre un missile antiaérien lancé depuis la Syrie ». « Aucun dommage ou victime n’a été rapporté », a-t-elle assuré.

Si la responsabilité d’Israël était confirmée, il s’agirait des premières frappes menées depuis que le président américain, Donald Trump, a annoncé la semaine dernière le retrait des troupes américaines de Syrie.

Israël est considéré par des experts comme l’un des grands perdants du désengagement américain, qui laisserait encore plus le champ libre à l’Iran et à ses partenaires pour développer leurs capacités militaires en Syrie.