Yémen: le dialogue s’ouvre en Suède

Pour le médiateur de l’ONU, Martin Griffiths (à gauche), les discussions constituent une «occasion unique» de ramener les rebelles du Yémen sur le chemin de la paix.
Photo: Stina Stjernkvist Associated Press Pour le médiateur de l’ONU, Martin Griffiths (à gauche), les discussions constituent une «occasion unique» de ramener les rebelles du Yémen sur le chemin de la paix.

Des consultations sous haute tension se sont ouvertes jeudi en Suède entre le gouvernement et les rebelles du Yémen, sous l’égide du médiateur de l’ONU qui a salué une « occasion unique » de ramener les belligérants sur le chemin de la paix, pavé d’embûches.

Pays le plus pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est dévasté par le conflit armé qui oppose depuis 2014 le gouvernement, soutenu par l’Arabie saoudite, aux rebelles appuyés par l’Iran. Les hostilités ont fait au moins 10 000 morts et poussé 14 millions de personnes au bord de la famine.

Pour le médiateur de l’ONU, le Britannique Martin Griffiths, les discussions engagées jeudi dans un centre de conférence à Rimbo, localité rurale située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Stockholm, constituent une « occasion unique » face à l’urgence humanitaire. « Je ne veux pas me montrer trop optimiste, mais je veux être très ambitieux », a-t-il déclaré devant des journalistes, en présence des délégations yéménites, réunies autour d’une même table pour la première fois depuis plus de deux ans.

Selon M. Griffiths, des pourparlers de paix stricto sensu demeurent à ce stade hypothétiques. Les « consultations » en Suède sont d’abord destinées à « construire la confiance » et à « réduire la violence » sur le terrain, a-t-il souligné.

Peu avant l’ouverture des discussions, gouvernement et rebelles — qui ne devraient pas se parler directement — ont posé séparément des préalables à tout accord dans un échange de tweets peu diplomatiques.

Le gouvernement a exigé « le retrait intégral » des rebelles de Hodeida, où des combats sporadiques se poursuivent malgré une trêve conclue en novembre.

De leur côté, les rebelles ont menacé d’empêcher les avions de l’ONU d’utiliser l’aéroport de la capitale Sanaa si les pourparlers n’aboutissent pas à la reprise du trafic aérien civil.

Une source diplomatique au Conseil de sécurité des Nations unies a déclaré à l’AFP qu’il nourrissait de « très maigres espoirs » que ces pourparlers puissent déboucher sur des avancées concrètes.