L’Irak ordonne l’exécution «immédiate» des djihadistes condamnés à mort

Le premier ministre irakien, Haider al-Abadi
Photo: Alex Brandon Associated Press Le premier ministre irakien, Haider al-Abadi

Le premier ministre d’Irak, critiqué pour son manque de fermeté après la découverte des corps de huit Irakiens enlevés par le groupe armé État islamique (EI), a ordonné jeudi l’exécution « immédiate » des centaines de djihadistes condamnés à mort, dont des femmes et des étrangers.

L’annonce de ces pendaisons massives, à une date qui n’a pas encore été fixée mais qui devrait intervenir rapidement, est la réponse de Haider al-Abadi au premier défi de taille que lui a lancé le groupe EI depuis l’annonce en décembre de la victoire sur l’organisation extrémiste.

Elle intervient en effet au lendemain de la découverte des corps de huit Irakiens enlevés par le groupe armé, qui avait diffusé une vidéo d’hommes au visage tuméfié en annonçant leur mort prochaine si des femmes djihadistes n’étaient pas libérées.

« Le premier ministre ordonne la punition immédiate des terroristes condamnés à mort et dont les peines ont passé le degré décisif », a annoncé M. Abadi dans un communiqué, voulant dire que leur appel a été rejeté et que la peine capitale a été ratifiée par la présidence.

Plus de 300 personnes, dont une centaine d’étrangères, ont été condamnées à mort en Irak, et autant d’autres à la prison à perpétuité, pour appartenance au groupe EI, avait-on indiqué en avril de source judiciaire.

La plupart des personnes condamnées sont Turques ou originaires des anciennes républiques de l’Union soviétique. En outre figurent notamment un Russe et le Belge Tarik Jadaoun, qui avait rejoint le groupe armé en 2014 sous le nom de guerre Abou Hamza al-Belgiki.

La vidéo diffusée samedi par l’organe de propagande du groupe EI, Amaq, constitue le premier chantage public des djihadistes sur les autorités depuis que les forces irakiennes ont chassé le groupe EI de toutes ses places fortes.

Critiqué sur les réseaux sociaux pour son manque de réaction après la découverte des cadavres à proximité de la route Bagdad-Kirkouk, M. Abdadi a changé de ton jeudi.

« Je promets que nous tuerons ou arrêterons ceux qui ont commis ces crimes, de la même manière dont nous avons promis de libérer le pays », a-t-il déclaré lors d’une réunion au siège du commandement des opérations conjoint (JOC) à Bagdad, en présence des ministres de l’Intérieur et de la Défense.